Allemagne: Réactions autour des thèses du théologien lucernois Herbert Haag

«Nous sommes l’Eglise» critique les évêques suisses

Hanovre, 24 janvier 2000 (APIC) Le mouvement «Nous sommes l’Eglise» d’Allemagne et d’Autriche est «scandalisé» par la décision des évêques suisses de retirer leur confiance à l’exégète lucernois Herbert Haag. Le mouvement contestataire critique la mise en garde adressée aux fidèles sur la proposition faite par Herbert Haag de laisser des laïcs présider l’Eucharistie en l’absence d’un prêtre ordonné.

La Conférence des évêques suisses estime que les propos du théologien lucernois non seulement conduisent à l’erreur mais contredisent ouvertement la doctrine de l’Eglise définie par le Concile Vatican II. Dans son communiqué, la CES parlait encore «d’incitation à des comportements schismatiques». Quelques jours plus tard, Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle, affirmait qu’il avait déjà lu en 1997 le livre d’Herbert Haag et qu’il avait déjà pris position à ce sujet. Mgr Koch ajoutait «Nous avons le devoir de prendre position sur des thèses aussi problématiques et aussi non-catholiques. Sinon beaucoup de croyants pourraient avoir l’impression que nous les approuvons».

Pour le mouvement «Nous sommes l’Eglise», le nouveau rappel à l’ordre du théologien Haag est une tentative stérile d’éviter l’étude des pensées et des avertissements du théologien Haag par d’autres théologiens et exégètes non-conformistes. «Vu le manque de prêtres et la détresse pastorale de nombreuses communautés, les interdictions faites par les évêques de réfléchir et de discuter de nouvelles idées théologiques sont cyniques, irréalistes et ne servent en aucun cas la recherche de la vérité».

La distinction entre prêtres et laïcs

Dans son livre «Worauf es ankommt», publié en 1997, Herbert Haag s’élève contre une distinction trop importante faite dans l’Eglise catholique. A savoir l’existence de deux états distincts, celui des prêtres et celui des laïcs. «Durant 400 ans, ceux que nous appelons «laïcs» dans notre langage pouvaient présider l’Eucharistie. Ceci montre qu’un prêtre qui a reçu le sacrement de l’Ordre n’est pas indispensable à la célébration de l’Eucharistie. Cela peut être fondé aussi bien dans la Bible que théologiquement». L’ancien professeur à l’Université de Tubingen écrit encore: «Le manque de prêtres, des communautés sans eucharistie, le célibat ecclésiastique et l’empêchement de l’ordination des femmes au sacerdoce, provoquent des problèmes, qui certes ne sont pas les seuls, mais qui sont cependant significatifs de la détresse actuelle de l’Eglise catholique. La crise dans l’Eglise catholique durera aussi longtemps que ces sujets ne seront ni abordés ni résolus. La crise persistera si l’Eglise catholique ne se donne pas une nouvelle constitution».

«Herbert Haag, comme Karl Rahner, est l’un des plus grands thééologiens du 20ème siècle», déclare encore le mouvement «Nous sommes l’Eglise». Ce dernier cite encore, dans sa déclaration, le livre de Karl Rahner de 1972: «Strukturwandel der Kirche als Aufgabe und Chance» (Changement de structures dans l’Eglise. Une devoir et une chance), dans lequel le théologien allemand déclare: «L’Eglise doit sortir de son cléricalisme». (apic/com/job/ba)

24 janvier 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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