Jean Paul II a eu le courage d’envoyer un message clair en Pologne
Allemagne: Schlöndorff, auteur du nouveau film sur la grève des chantiers navals de Gdansk
Berlin, 5 mars 2007 (Apic) Le pouvoir communiste en Pologne aurait peut-être réprimé le syndicat libre Solidarnosc fondé en 1980 si Karol Wojtyla n’avait pas été élu comme pape sous le nom de Jean Paul II. C’est en tout cas l’avis exprimé dans le journal de l’archidiocèse de Berlin par le cinéaste allemand Volker Schlöndorff, auteur du film «Strajk – Die Heldin Von Danzig», qui sort ces prochains jours sur les écrans.
Dans la «Katholische Sonntags Zeitung», journal de l’archidiocèse de Berlin, le célèbre réalisateur de films comme «L’Honneur perdu de Katharina Blum» (1975) ou «Le Tambour» (1979), tiré du roman de Günther Grass et Palme d’Or à Cannes, met en perspective la signification historique du pape Jean Paul II. Durant ses recherches pour réaliser «La Grève» – qui devrait s’appeler dans sa version française «L’héroïne oubliée», Volker Schlöndorff s’est rendu compte que le rôle du pape dans la chute du Bloc de l’Est avait été très concret.
Et de souligner que le pape Jean Paul II avait eu le courage, lors de ses visites pastorales dans sa patrie, de lancer un message très clair. Il avait demandé aux gens de changer le «visage du monde» et de ne pas avoir peur. Après un séjour en France où il fait ses premières armes comme assistant réalisateur de Jean-Pierre Melville, Alain Resnais et Louis Malle, Volker Schlöndorff rentre en Allemagne en 1964. Il réalise, en 1966, son premier long métrage «Les Désarrois de l’élève Toerless», inspiré d’un roman de Musil. Il apparaît assez rapidement aux côtés de cinéastes comme Rainer Werner Fassbinder ou Wim Wenders, comme un membre de la nouvelle vague allemande.
Mais son dernier film sur la naissance du syndicat polonais Solidarité, qui sort sur les écrans en Pologne, ne provoque pas que de l’enthousiasme parmi les anciens leaders de Solidarnosc. Anna Walentynowicz, incarnée dans le film par l’actrice est-allemande Katharina Thalbach, estime que l’on donne d’elle l’image d’une illettrée. La fervente catholique, dont le licenciement avait été à l’origine de grèves sur les chantiers navals de Gdansk en 1980, estime aussi que l’on caricature certains comportements d’ouvriers. Mais le film, en revanche, a plu à Lech Walesa, qui fut l’un des leaders historiques de Solidarnosc. (apic/kna/be)




