Régler les problèmes de succession avant qu’ils ne se présentent

Allemagne: Un historien du droit plaide pour une limite d’âge pour les papes

Ratisbonne (Regensbourg), 27 janvier 2002 (APIC) L’historien du droit Hans- Jürgen Becker plaide pour une limite d’âge pour les papes, et pas seulement pour les évêques et les cardinaux. Dans une interview à l’agence de presse catholique allemande KNA, le professeur de Ratisbonne estime qu’une telle mesure serait sensée. Elle permettrait au chef de l’Eglise de pouvoir exercer son ministère sans risque de surmenage.

D’après les dispositions actuelles, en cas de maladie grave entraînant une perte de conscience durable, rien n’est réglé pour savoir qui devrait prendre les décisions à la place du pape. Le professeur à la Faculté de droit de l’Université de Ratisbonne relève que dans l’histoire de l’Eglise, un seul pape a démissionné, Saint Célestin V, le pape ermite qui a régné d’août à décembre 1294, avant de promulguer sa propre abdication. Célestin V, de son nom civil Pietro del Morrone, devait mourir en 1296 dans un cachot où l’avait jeté son successeur sur le trône de Pierre.

La démission de Célestin V avait provoqué une crise dans l’Eglise, parce que la légalité des actes de son successeur était contestée. Cet événement a dissuadé dès lors tous les papes d’imiter Célestin V et la réflexion sur ce problème est restée figée jusqu’à aujourd’hui, affirme Hans-Jürgen Becker. Pour le chercheur allemand, une limite d’âge pourrait permettre d’éviter de tels problèmes, car on pourrait préparer à temps la décision qui s’impose et éviter ainsi une phase de transition incertaine. Le risque d’influence de tiers serait également diminué.

Le juriste ne se prononce pas sur le cas particulier du pape actuel, dont il admire la force de travail. Malgré «ses infirmités visibles», l’exercice de son ministère contient un message chrétien qui s’adresse à un «monde orienté unilatéralement vers la jeunesse et le bien-être». Nonobstant tout le respect qu’il a pour le ministère papal et pour son actuel détenteur, il plaide pour que l’on réfléchisse désormais sérieusement à une limitation de l’âge des électeurs et des candidats à l’élection. (apic/kna/be)

27 janvier 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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