Allemagne: Visite de l’évêque officiel de Shanghaï (050993)
«Nous sommes fidèles à Rome et prions pour le pape», affirme Mgr Jin Luxian
Bonn, 5septembre(APIC) «Nous sommes fidèles à Rome et prions tous les
jours pour le pape», a déclaré Mgr Aloysius Jin Luxian, évêque de l’Eglise
catholique «officielle» de Chine, de passage ces jours-ci en Allemagne.
Forte de 4 millions de fidèles, l’Eglise catholique de Chine disposerait,
selon Mgr Jin Luxian, de quelque 4’000 églises ouvertes.
Vice-président de la Conférence épiscopale catholique chinoise «officielle» ou «patriotique», reconnue par les autorités communistes – l’Eglise
catholique clandestine est quant à elle sévèrement réprimée -, Mgr Jin Luxian s’est montré relativement optimiste sur l’éventualité du rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican. «Il y a de la bonne volonté de part et d’autre», a-t-il notamment déclaré lors d’une rencontre
avec des journalistes à St.Augustin, près de Bonn.
Reprise du dialogue avec Pékin
Après une longue période de silence, des contacts sont en train de se
renouer entre la Chine et le Saint-Siège. Le cardinal Roger Etchegaray,
président des Conseils pontificaux «Justice et Paix» et «Cor Unum», a
d’ailleurs quitté Rome jeudi à destination de Pékin, où il se rend en voyage officiel. Premier cardinal de curie à être invité par les autorités chinoises, l’archevêque français est accompagné par Mgr Gianfranco Rota Graziosi, un sinologue qui travaille à la Secrétairerie d’Etat.
L’on sait que les autorités de Pékin refusent que le Vatican entretienne
des relations diplomatiques avec Taïwan, région considérée comme partie intégrante de la Chine et mettent la cessation de ces relations en préalable
à toute reconnaissance diplomatique. Le dernier internonce, Mgr Riberi,
avait été expulsé de Chine en 1951, et le gouvernement communiste avait favorisé la naissance en 1957 d’une Association patriotique des catholiques
de Chine (APCC), condamnée à plusieurs reprises par le Vatican.
Mgr Jin Luxian espère que le vif désir du pape Jean Paul II de se rendre
en Chine puisse bientôt se réaliser. L’un des problèmes qui préoccupe le
prélat jésuite chinois qui, bien qu’ayant passé 18 ans dans les geôles
communistes, a finalement accepté de travailler dans l’Eglise officielle,
c’est le sort qui sera réservé aux évêques ordonnés sans l’assentiment de
Rome depuis la rupture des liens avec le Vatican. «Mais là aussi, l’on doit
et l’on peut trouver des solutions», estime-t-il.
Selon l’évêque de Shanghai, on rencontre en ce moment en Chine un intérêt croissant pour le christianisme, car l’on fait face actuellement à la
perte des valeurs traditionnelles comme celles issues du confucianisme,
tandis que le marxisme est également en perte de vitesse. Ainsi, l’Eglise
catholique a de grandes possibilités pour évangéliser. Rien que dans sa cathédrale à Shanghai, Mgr Jin révèle qu’il y a eu cette année déjà 500 baptêmes. Mais l’Eglise catholique doit faire face à un grave problème de vocations sacerdotales. (apic/kna/be)



