Plusieurs chefs d’Etat impliqués: l’exemple ne vient des dirigeants
Amérique centrale: De graves affaires de corruption secouent les pays
San José, 13 mars 2002 (APIC) Plusieurs affaires de corruption secouent ces derniers jours des pays d’Amérique centrale, principalement le Guatemala où le président Alfonso Portillo et son vice-président sont soupçonnés d’avoir ouvert des comptes bancaires au Panama pour des opérations de blanchiment d’argent. Pour les populations de ces pays, les exemples ne viennent pas des sphères dirigeantes, peut-on lire dans les commentaires de plusieurs quotidiens de cette région du monde. Le patrimoine de l’ex-président Arnoldo Aleman, au Nicaragua, est passé de 50’000 à 250 millions de dollars en dix ans, dénoncent des élus politiques.
A quelques jours de la venue du président Bush au Salvador (24 mars) pour entamer les discussions d’un Traité de libre commerce (TLC) avec les pays de l’isthme centraméricain, plusieurs scandales financiers ont également surgi au Nicaragua et à Panama.
Lundi, Roberto Duarte qui fut le porte-parole de l’ex-président nicaraguayen Arnoldo Aleman, a été arrêté et incarcéré, soupçonné d’être impliqué dans une fraude fiscale portant sur 1,3 million de dollars ayant bénéficié à une chaîne de télévision.
Cinq autres personnalités dont l’ex-ambassadeur du Mexique à Managua, Ricardo Galan, qui a quitté précipitamment le pays jeudi dernier, sont impliqués dans ce dossier.
La justice nicaraguayenne a indiqué lundi que plusieurs enquêtes portant sur des faits avérés de corruption ou de fraude étaient en cours, sans citer toutefois l’ex-président Arnoldo Aleman dont le patrimoine personnel, selon plusieurs députés de son propre parti, qui ont dénoncé les faits, est passé de 50’000 à 250 millions de dollars en dix ans.
Au Panama, quelque 71 députés de l’Assemblée législative sont soupçonnés d’avoir touché des pots-de-vin de la part d’une firme privée pour voter en faveur d’un décret l’autorisant de construire un grand centre de production dans l’est du pays.
Le gouvernement de la présidente Mireya Mosco aurait également reçu 1,5 millions de dollars, pour accepter la nomination de deux avocats d’affaires au sein de la Cour suprême de justice.
Dans un sondage publié le week-end dernier par le principal quotidien du pays, La Prensa, 85,4% des Panaméens interrogés réclament la levée de l’immunité parlementaire des députés impliqués dans le scandale des pots-de- vin et demandent à la justice d’aller jusqu’au bout des enquêtes lancées contre l’administration de Mme Moscoso.
Graves conséquences
Mais c’est au Guatemala que les affaires de corruption pourraient avoir les conséquences les plus graves. Dans ce pays à peine sorti de 36 ans de guerre civile, le président populiste Alfonso Portillo, élu en janvier 2000, son secrétaire privé, Julio Giron, le vice-président Francisco Reyes et son fils sont au coeur d’une affaire de blanchiment d’argent.
Des enquêtes publiées par les journaux guatémaltèques révèlent que ces personnalités ont créé quatre entreprises et ouvert douze comptes bancaires au Panama. Selon le quotidien Siglo XXI, ces entreprises recevraient des commissions sur des ventes de pétrole entre le Panama et le Guatemala.
Cette affaire qui a entraîné lundi la démission de son mandat de député de l’ex-président guatémaltèque Ramiro de Leon (1993-96), «écoeuré» selon ses propres termes par le comportement des dirigeants du pays, vient s’ajouter à de multiples faits de corruption qui concernent l’ensemble de l’administration. (apic/ag/pr)



