Crainte des évêques des Andes

Amérique latine: L’Accord de libre échange risque d’empêcher la guerre contre la drogue

Washington, 14 février 2005 (Apic) L’Accord de libre échange des Andes (ALEA) que tente d’obtenir le gouvernement américain risque d’empêcher les efforts déployés pour freiner l’entrée de la drogue aux Etats-Unis. Les évêques catholiques de Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou, pays producteurs de coca, mettent en garde Washington.

Les évêques catholiques de quatre pays producteurs de coca en Amérique du Sud affirment que ce traité ouvrira les portes aux produits alimentaires américains, subsidiés et bon marché. Cela aura pour conséquence de freiner les tentatives d’orienter les paysans latino- américains vers d’autres productions agricoles que la feuille de coca, qui sert de base à l’élaboration de la cocaïne.

Les évêques andins en visite aux Etats-Unis ont mis en garde contre l’Accord de libre échange en cours de négociation entre leurs pays et les Etats-Unis. Ce traité pourrait rendre très vulnérables les petits paysans et leurs familles dans ces pays andins. La déclaration a été signée par six évêques engagés dans des programmes d’action sociale. Ils se sont rendus à Washington la semaine dernière pour des discussions avec l’Eglise catholique aux Etats-Unis, des responsables du gouvernement américain et de la Banque InterAméricaine de Développement au sujet de l’Accord de libre- échange des Andes (ALEA), que les Etats-Unis veulent obtenir des pays andins depuis mai 2003.

«Les gens doivent manger.»

Les évêques andins ont relevé que l’élimination des feuilles de coca par la seule fumigation n’était pas une solution. «Les feuilles de coca vont repousser parce que les gens doivent manger,» a déclaré Mgr Jaime Prieto Amaya, évêque de Barrancabermeja, en Colombie. La campagne anti- drogue du gouvernement américain en Amérique du Sud cherche à éliminer les plants de coca en répandant des pesticides.

Mgr Prieto, président de la Commission sociale des évêques colombiens estime que l’arrivée sur le marché latino-américain de produits alimentaires bon marché en provenance des Etats-Unis va péjorer la situation des petits paysans déjà désavantagés par l’absence de réseaux locaux de marchés et des moyens de transports inadéquats voire inexistants. (apic/cns/be)

14 février 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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