Selon l’OIT, on compte plus de 1,3 million d’esclaves
Amérique latine: L’esclavage est toujours une réalité
Porto Alegre, 10 mars 2006 (Apic) Plus de 1,3 million de personnes sont réduites à l’esclavage en Amérique latine, a estimé jeudi l’Organisation internationale du travail (OIT), dans le cadre d’une conférence internationale sur la réforme agraire et le développement rural, tenue à Porto Alegre, au Brésil, du 7 au 10 mars.
Selon l’anthropologue Eduardo Bedoya, consultant à l’OIT, la Bolivie, le Paraguay et le Pérou figurent parmi les pays du continent sud-américain les plus touchés par cet esclavage moderne. Mais le Brésil, avec le problème des paysans sans terre et des puissants propriétaires, pourrait faire monter davantage encore le chiffre cité par Bedoya.
Selon l’anthropologue, «le problème est grave et se focalise sur l’exploitation de bois dans la région amazonienne du pays où vivent environ 20’000 Indiens dans des conditions d’esclavage». Les recruteurs de main d’oeuvre, a-t-il dit, emprisonnent des familles entières d’Indiens pour les forcer à travailler, pendant des périodes de six à 12 mois.
Toujours d’après l’OIT, en Bolivie, l’esclavage frappe surtout les Indiens forcés de travailler dans des exploitations de cannes à sucre qui accomplissent des journées de travail de 12 heures, faute de quoi ils subissent des sanctions corporelles.
En février dernier, au brésil, le député du «Partido Liberal» (Pl, de droite) et ex-président de la Chambre des députés, Inocencio Oliveira, a été condamné en appel à dédommager 53 ouvriers contraints de travailler dans des conditions proches de l’esclavage dans une de ses propriétés, la «Caraibas», en Amazonie. Selon le ministère public, Americo Bede Freire, les ouvriers étaient de fait enfermés dans la propriété de l’ex-président de la Chambre des députés brésiliens. Ils ne pouvaient en sortir, entassés dans des baraques sans eau potable ni électricité et obligés de travailler sans recevoir de salaire.
Pour la seule année 2005, au cours d’inspections réalisées dans 182 «fazendas» dans tout le pays, le «Groupe mobile» du ministère de l’Emploi de Brasilia a libéré plus de 4’000 paysans-esclaves.
A noter que le Saint-Siège était représenté à Porto Alegre par Mgr Janusz Bolonek, nonce apostolique en Uruguay, qui était à la tête d’une délégation du Saint-Siège. (apic/ag/arch/pr)



