Amérique latine: Le président du CELAM souhaite un «plan global» pour l’action pastorale
Faire face aux problèmes d’un continent socialement sinistré
Tuparendà, 21 mai 2003 (Apic) Le nouveau président du Conseil épiscopal latino-américain (CELAM), le cardinal archevêque de Santiago du Chili, Francisco Javier Errazuriz, a dénoncé le chômage très élevé en Amérique latine. Il a déploré l’absence du droit à la santé et à l’éducation pour la grande majorité des populations de ces pays.
Les évêques des 22 Conférences épiscopales ont devant eux un continent sur lequel la pauvreté ne fait que croître, et le taux de chômage est très élevé; quant à la santé et à l’instruction, elles sont presque absentes, a- t-il déclaré. Des thèmes par ailleurs adoptés par le «plan global» du CELAM pour la période de quatre ans 2003-2007, qui sera l’instrument pour l’action pastorale.
L’élection du nouveau président du CELAM a eu lieu durant la journée finale de la 29e Assemblée ordinaire du CELAM, réunie de mardi à vendredi derniers dans la ville paraguayenne de Tuparendà. Le cardinal, âgé de 69 ans et président du Conseil épiscopal chilien, succède à l’évêque colombien Enrique Jimenez Carvajal.
Selon les évêques présents à la session les causes profondes de cette situation en Amérique latine ont pour nom la dette extérieure, la corruption et l’indice élevé d’impunité. «Le fardeau des dettes – a dit le cardinal Errazuriz – pèse sur un grand nombre d’Etats et les oblige à dépenser d’importantes ressources, non pour faire progresser le Pays mais tout simplement pour payer ces dettes. Le thème de la dette – a-t-il ajouté – est lié à celui des organismes de contrôle, en ce sens que les ressources qui arrivent dans un Pays doivent être utilisées pour le bien du peuple, sans que des cas de corruption puissent se vérifier».
Indifférence politique
Même discours de la part du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa, au Honduras, qui dénonce lui aussi l’indifférence politique et sociale parmi les gens déçus en Amérique latine.
Face à cette situation, le cardinal a également mis en évidence deux autres aspects négatifs de la réalité. Tout d’abord, le pouvoir excessif de l’économie, qui réduit les rapports à leur dimension purement matérielle, en sorte que «les frontières s’ouvrent pour laisser passer les marchandises, mais elle restent fermées aux gens». L’indifférence politique et sociale ensuite, qui ne fait que croître. «Beaucoup de personnes se refusent à voter, parce qu’elles sont complètement déçues. Les élections se succèdent mais les changements n’apportent aucun résultat». (apic/vd/pr)



