Le respect des droits doivent devenir une réalité
Amnesty International: 10e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant
Lausanne/Londres,
(APIC) Alors que le monde entier s’apprête à commémorer le dixième anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant , le 20 novembre 1999, Amnesty International (AI) exhorte les gouvernements, les groupes d’opposition armés et les autres acteurs concernés à faire en sorte que les droits de l’enfant deviennent enfin une réalité et cessent d’être régulièrement bafoués.
Dans le monde entier des gouvernements omettent de respecter les engagements qu’ils ont pris pour protéger les enfants contre les atteintes aux droits humains, déplore Amnesty International à l’approche du dixième anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, le 20 novembre 1999. La liste des atteintes aux droits des enfants est sans fin et vont de la torture au recours à des enfants soldats dans des conflits armés, en passant par le travail forcé ou encore les exécutions de mineurs. Pourtant, la quasi-totalité des Etats – à l’exception notoire toutefois des Etats-Unis et de la Somalie – ont ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant et la plupart d’entre eux ont également ratifié les autres instruments internationaux tels que la Convention des Nations Unies contre la torture.
Depuis l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, des progrès considérables aient été accomplis. Il reste beaucoup à faire pour mettre fin aux situations éprouvantes et souvent tragiques dans lesquelles se trouvent nombre d’enfants.
Interdiction de la peine de mort
La Convention relative aux droits de l’enfant interdit l’application de la peine de mort pour des infractions commises par des personnes de moins de dix-huit ans. Pourtant, d’après les informations recueillies par Amnesty International, depuis 1990, 19 personnes ont été exécutées dans le monde pour des crimes perpétrés alors qu’elles avaient moins de dix-huit ans, dont 10 aux Etats-Unis, et le huit autres en Iran, au Nigeria, au Pakistan, en Arabie Saoudite et au Yémen. A l’heure actuelle, plus de 70 personnes sont condamnées à mort aux Etats-Unis pour des crimes commis alors qu’elles avaient moins de dix-huit ans et attendent leur exécution dans les couloirs de la mort.
AI estime que plus de 300’000 personnes de moins de dix-huit ans combattent dans les différents conflits qui ravagent la planète, notamment en Afghanistan, en Angola, en Colombie, en Ouganda, au Rwanda, en Sierra Leone, et au Sri Lanka. Le Royaume-Uni est le seul pays d’Europe qui envoie régulièrement des personnes de moins de dix-huit ans dans des zones d’affrontement. Beaucoup d’enfants y sont contraints par intimidation souvent après avoir été enlevés. D’autres se portent volontaires pour pouvoir se nourrir ou simplement trouver une forme de sécurité. La proportion de combattants blessés ou tués est généralement élevée parmi les enfants, en raison de leur témérité et de leur manque d’expérience et d’entraînement.
Souvent torturés
Les enfants sont couramment victimes de négligence, de mauvais traitements et de violences lorsqu’ils ont affaire à la justice. Les policiers qui détiennent des enfants – souvent sans inculpation ni jugement – les soumettent fréquemment à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements pour leur extorquer des aveux, et se rendent parfois coupables envers eux d’atteintes sexuelles, notamment de viols. Les droits que la loi reconnaît aux enfants sont souvent bafoués, leurs parents ne sont pas informés du lieu où ils se trouvent et ils sont détenus dans des conditions dégradantes. Des enfants ayant tout juste quatorze ans ont affirmé à Amnesty International avoir été victimes de violences sexuelles en Turquie, alors qu’ils étaient en garde à vue. (apic/com/tg)




