Suisse: Manque d’engagement politique en matière de lutte contre la pauvreté

Amnesty International critique le Conseil fédéral

Berne, 4 novembre 2010 (Apic) Quelques jours avant la conférence nationale «Lutter ensemble contre la pauvreté», une coalition d’ONG interpelle le Conseiller fédéral Didier Burkhalter par l’intermédiaire d’une lettre ouverte. Les organisations signataires craignent que la conférence du 9 novembre, avec son nombre de places restreint, ne remplisse pas son rôle de consultation nationale sur les thèmes brûlants relatifs à la lutte contre la pauvreté, tel qu’il était prévu dans le rapport du Conseil fédéral de mars 2010.

La coalition des ONG demande au conseiller fédéral Didier Burkhalter la mise sur pied d’une instance, intégrant tous les acteurs de la lutte contre la pauvreté en Suisse, qui assurerait le suivi de la mise en oeuvre de la stratégie globale de la Suisse contre la pauvreté.

«La conférence nationale sur la pauvreté n’est pas ce que nous avions espéré. Plutôt que de prendre en compte les besoins des personnes concernées, la conférence court le risque d’être une rencontre d’experts n’offrant que peu de possibilités et de temps pour des discussions approfondies», explique Isabelle Bohrer, d’AvenirSocial. «C’est une grosse déception pour les organisations qui se mobilisent depuis longtemps pour que cette conférence nationale sur la pauvreté ait lieu.»

Lettre ouverte à Didier Burkhalter

Une large coalition d’ONG(1) engagées aux côtés des personnes qui vivent la pauvreté au quotidien en Suisse a par conséquent écrit une lettre ouverte à Didier Burkhalter, sous le patronage duquel se tient la conférence du 9 novembre.

La coalition d’ONG craint que la stratégie nationale contre la pauvreté ne soit pas très largement relayée. «La conférence du 9 novembre ne peut être qu’un point de départ dans la lutte contre la pauvreté. Il est nécessaire de mettre sur pied une instance qui veille à la mise en oeuvre des mesures énoncées dans la stratégie, où les ONG et les organisations qui donnent la parole aux personnes en situation de pauvreté soient représentées», dit Hans-Peter Furrer, d’ATD Quart Monde.

(1) Les ONG qui ont signé la lettre ouverte au conseiller fédéral Didier Burkhalter sont: Amnesty International Section suisse, l’Armée du Salut, ATD Quart Monde, AvenirSocial, la Commission nationale suisse Justice et Paix, la Fédération des familles monoparentales de la Suisse, la Fédération suisse Lire et Ecrire, IG Sozialhilfe, KABBA, Liste 13, OSEO, Pro Familia Suisse, Réseau suisse pour les droits de l’enfant, le magazine Surprise, Travail Suisse, l’Union syndicale suisse. (apic/com/js)

4 novembre 2010 | 09:56
par webmaster@kath.ch
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