Une conférence alternative à Jérusalem du 22 au 29 juin

Angleterre: L’Eglise anglicane plus divisée que jamais avant la Conférence de Lambeth

Londres, 16 juin 2008 (Apic) A un mois de la Conférence de Lambeth (*), qui réunit tous les dix ans les évêques de la Communion anglicane du monde entier à l’invitation de l’archevêque de Cantorbéry, l’Eglise anglicane est plus divisée que jamais. Quelque 280 évêques anglicans appartenant aux diocèses conservateurs de divers pays vont boycotter le prochain rassemblement à Londres, pour participer à une conférence alternative à Jérusalem du 22 au 29 juin prochain.

Cette conférence appelée GAFCON (Global Anglican Future Conference) attend plus d’un millier de représentants de 17 provinces de la Communion anglicane, représentant 35 millions de fidèles anglicans. La GAFCON a été lancée par les archevêques anglicans du Nigeria, d’Ouganda, du Kenya, du Rwanda, de la Tanzanie, d’Amérique du Sud et d’Australie.

Des évêques anglicans de sensibilité évangélique du Royaume-Uni et des Etats-Unis ont aussi pris part aux préparatifs de ce rassemblement parallèle. Les milieux conservateurs, qui basent leur foi sur la Bible, reprochent les tendances libérales qui prennent racine dans l’Eglise occidentale, comme l’acceptation croissante de l’homosexualité.

Les évêques ougandais, notamment, accusent l’Eglise épiscopalienne (anglicane) des Etats-Unis d’avoir violé les enseignements de la Bible et la doctrine chrétienne en consacrant une personnalité ouvertement homosexuelle, Gene Robinson, comme évêque du New Hampshire.

Les tendances libérales clouées au pilori

Ils reprochent également à l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, d’avoir invité à la Conférence de Lambeth «ceux qui sont responsables de la confusion et de la désobéissance au sein de la Communion anglicane», en allusion claire aux évêques américains.

Cependant, les évêques ougandais refusent de dire qu’ils ont ainsi perpétré un acte de sécession en boycottant la Conférence de Lambeth. «Nous continuons à faire partie de la Communion anglicane, et la grande majorité de la Communion anglicane s’oppose à ce que l’Eglise américaine a fait et au soutien tacite que lui a apporté l’archevêque Cantorbéry».

Le boycott de ces 280 évêques portera l’assistance à la Conférence de Lambeth à quelque 600 évêques, la plupart en provenance des Eglises occidentales blanches, dominées par les tendances libérales. La cérémonie de «mariage» le week-end dernier à Saint Bartholomew the Great, à Londres, de deux prêtres homosexuels, David Lord et Peter Cowell, est la dernière illustration du profond malaise qui frappe la Communion anglicane, déjà divisée sur la question de l’accès des femmes à l’ordination épiscopale. JB

(*) Les Conférences de Lambeth sont ainsi nommées parce que les évêques des tout premiers rassemblements se réunissaient au Palais de Lambeth, la résidence de Londres de l’archevêque de Cantorbéry. La Cathédrale de Cantorbéry est considérée comme «l’église mère» de toute la Communion Anglicane. St Augustin, le premier archevêque de Cantorbéry, arriva de Rome en 597, venant dans le Kent comme missionnaire en Angleterre. (apic/times/bbc/be)

16 juin 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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