Un schisme n’est pas à écarter
Angleterre: La Conférence de Lambeth débute mercredi sur fond de crise
Lambeth, 15 juillet 2008 Après avoir tenu son Synode général à York, au nord de l’Angleterre, l’Eglise anglicane, plus divisée que jamais, est maintenant réunie à Canterbury, résidence de l’archevêque Rowan Williams, pour y tenir sa «Conférence de Lambeth».
Dès le 16 juillet, et jusqu’au 4 août, quelque 650 évêques anglicans du monde entier tenteront de renouer un dialogue mis à mal après la décision d’ordonner à l’avenir des femmes évêques. Une division qui s’ajoute à la fracture laissée par la question de l’homosexualité, après la nomination, aux Etats-Unis, d’un évêque ouvertement gay.
La Conférence de Lambeth, qui se tient tous les 10 ans, pourrait bien déboucher sur ce que redoute Canterbury: un schisme au sein de l’Eglise anglicane, tant les divergences paraissent irréconciliables entre traditionalistes et libéraux.
Un quart des évêques, du Nigeria, d’Ouganda, du Rwanda et du Kenya, entre autres, ont décidé de boycotter ce rendez-vous. Cela une semaine à peine après le feu vert donné par le synode à l’ordination des femmes évêques au sein de l’Eglise d’Angleterre.
L’autre débat, sur la question de l’homosexualité, n’est pas faite pour la recherche du consensus. L’évêque américain du New Hampshire, Gene Robinson, homosexuel ordonné en 2003, a été dans l’obligation d’interrompre son sermon dimanche à Londres. Il n’a certes pas été invité à Lambeth. Il se rendra toutefois aux sessions qui se tiendront en marge de la conférence.
Depuis la réunion de «la famille anglicane», le mois dernier, à Jérusalem, l’autorité de Rowan Williams est affaiblie par la formation fin juin, à Jérusalem précisément, d’une nouvelle communion au sein de l’Eglise anglicane, par quelque 300 évêques et archevêques conservateurs dénonçant sa ligne libérale envers l’homosexualité et un «déclin spirituel» en Occident. Les dissidents, qui disent représenter 35 millions de fidèles – sur 77 millions -, affirment cependant que leur initiative n’est pour l’instant pas un schisme mais la création d’»une Eglise dans l’Eglise» destinée à faire avancer la réforme de l’intérieur. (apic/ag/arch/pr)



