Réunion de primats anglicans début 2009
Angleterre: La Conférence de Lambeth se conclut par un appel à l’unité
Canterbury, 5 août 2008 (Apic) La conférence de Lambeth, s’est achevée par un appel à l’unité, se fondant sur «une acceptation pacifique des diversités existantes au sein de la foi chrétienne». Cette conférence, commencée le 16 juillet à Lambeth a réuni en Angleterre 650 évêques anglicans en provenance du monde entier.
Dans son intervention finale, l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, a exhorté dimanche soir à surmonter les tensions qui ont affecté ces derniers temps l’Église anglicane : «Notre communauté, a dit l’archevêque de Canterbury, aspire à demeurer unie mais pas seulement comme association de bons amis ; elle cherche la profondeur du Christ pour y trouver sa propre unité».
Pendant trois semaines, la 14ème Conférence de Lambeth s’est caractérisée par la décision de quelque 250 évêques, africains, nord-américains et australiens et même anglais, de ne pas participer à ses travaux.
Le leader anglican, contesté par l’aile conservatrice voire très conservatrice de son Eglise, a tracé le contour d’un projet pour résoudre la crise. Rowan Williams, a conclu la Conférence de Lambeth, rassemblement d’évêques anglicans organisé tous les dix ans, en affirmant qu’il existait «un large soutien» aux mesures visant à résoudre le différend sur l’homosexualité qui menace de schisme la Communion anglicane, forte de 77 millions de fidèles. La décision prise quelques jours avant Lambeth par l’Eglise anglicane d’Angleterre d’ordonner des femmes évêques à l’avenir a également contribué à la tension entre anglicans.
«Nous n’avons probablement pas résolu tous nos problèmes, mais les pièces du puzzle sont sur la table», a déclaré l’archevêque Williams dans le discours présidentiel final qu’il a adressé le 3 août aux quelque 670 évêques présents du 16 juillet au 3 août à Cantorbéry.
Mise en garde
L’Eglise épiscopale (anglicane) des Etats-Unis, qui a déclenché le différend en consacrant en tant qu’évêque V. Gene Robinson, qui est ouvertement homosexuel, et l’Eglise anglicane du Canada, où un diocèse a autorisé des bénédictions de couples du même sexe, doivent promettre de s’abstenir de prendre des mesures semblables à l’avenir.
Par ailleurs, les évêques d’Afrique et d’Amérique du Sud qui avaient proposé des interventions épiscopales hors province sont également tenus de renoncer à ce genre d’actions.
Cependant, a-t-il mis en garde, «si les Eglises d’Amérique du Nord n’acceptent pas la nécessité de moratoires, nous ne pourrons pas aller de l’avant.» Dans ce cas, a-t-il déclaré, la Communion anglicane resterait «gravement en danger».
L’évêque Katharine Jefferts Schori, évêque présidente de l’Eglise épiscopale des Etats-Unis, a indiqué dans un communiqué: «Nous n’avons pas résolu les différends entre nous, mais nous avons vu la profonde nécessité de maintenir des relations, alors même que nous sommes confrontés à des désaccords et à un malaise importants.»
Trois semaines avant l’ouverture de la Conférence, plus d’un millier d’anglicans s’opposant à la consécration d’homosexuels et à la bénédiction de couples homosexuels s’étaient réunis à Jérusalem pour la Conférence mondiale sur l’avenir des anglicans (GAFCON). Cet événement a été largement perçu comme une Conférence de Lambeth alternative.
Rendez-vous en 2009
«Dans les mois qui viennent, il sera important de proposer à ceux qui n’étaient pas présents à la Conférence de Lambeth de participer aux prochaines étapes», a affirmé l’archevêque Williams dans son discours présidentiel. «Un grand nombre d’éléments mentionnés dans les documents de la GAFCON est en accord avec ce que nous avons cherché à dire ou faire, et nous devons trouver les meilleurs moyens pour jeter des ponts.»
Les propos de l’archevêque laissent les observateurs penser que l’un des principaux objectifs de Rowan Willams est de chercher à regagner le soutien des responsables essentiellement africains qui se sont tenus à distance. Il a affirmé qu’il convoquerait une réunion de primats (responsables d’Eglise) anglicans au début de 2009. (apic/eni/pr)



