L’ancien archevêque de Cantorbéry défend les médias

Angleterre: Le musellement de la presse est un danger pour la société

Londres, 29 juillet 2008 (Apic) L’ancien archevêque de Cantorbéry, George Carey, a critiqué la condamnation par la Cour suprême du Royaume-Uni d’un journal populaire anglais pour l’article qu’il a publié sur la participation de Max Mosley, personnalité de la formule 1, à une soirée avec des prostituées.

George Carey a été archevêque de Cantorbéry de 1991 à 2002, puis il a été nommé à la chambre haute du Parlement britannique, la Chambre des Lords. Il s’est inquiété du fait qu’un «comportement indescriptible et indécent» ne soit plus considéré comme une préoccupation publique suite à la victoire juridique de Max Mosley contre le journal «News of the World» le 24 juillet.

Max Mosley a gagné 60’000 livres britanniques (76’000 euros) de dommages et intérêts le 24 juillet, soit la somme la plus importante jamais déboursée par un journal britannique dans une affaire d’atteinte à la vie privée. Le journal s’était fait l’écho d’une «fête» sadomasochiste organisée par Max Mosley dans un appartement de Chelsea, secrètement filmée par une participante qui a plus tard cédé sa vidéo au journal populaire le mieux vendu au Royaume-Uni.

Vie publique et vie privée en danger

Max Mosley, 68 ans, est le fils de Sir Oswald Mosley, leader de la British Union of Fascists (Union des fascistes britanniques) de 1931 à 1940 et chef du parti Union Movement de 1948 à 1966. Le patron de formule 1 a admis avoir payé cinq prostituées professionnelles 2’500 livres (500 livres chacune) pour participer à une orgie sexuelle sur le thème de la prison, mais a catégoriquement nié tout «lien avec le nazisme», comme l’affirmait l’édition du 31 mars de «News of the World».

Dans un article du «News of the World» du 27 juillet intitulé «Le musellement de la presse met la société en péril», George Carey affirme : «Je suis profondément attristé par le fait que la moralité publique est la deuxième victime de cette décision juridique.» Selon lui, la première victime de la décision du juge Eady est la liberté d’expression elle-même. «Sans débat public ni surveillance démocratique, les tribunaux ont créé un droit de la vie privée totalement nouveau. Dans le passé, une personnalité publique savait qu’un comportement scandaleux et immoral entraîinait de graves conséquences sur son image, sa réputation et son emploi», a déclaré l’ancien leader anglican.

Il a indiqué qu’aujourd’hui, «la récente décision de la Cour suprême entrave le journalisme d’investigation sur des questions d’intérêt public manifeste. Elle enchaîne inutilement la presse et nie au public le droit d’élaborer un jugement moral reposant sur des informations factuelles.»

Au Royaume-Uni, le Parlement n’a jamais adopté de loi sur la vie privée, donc l’affaire Mosley s’est fondée sur l’Article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui stipule que toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Le Royaume-Uni a signé la Convention européenne il y a plus de 50 ans et elle a été incorporée dans le droit britannique en 1988.

George Carey semble être la première personnalité de l’Eglise à avoir réagi à l’affaire Mosley. Celui-ci affirme que sa femme, Jean, 48 ans, et leurs deux fils, Alexander et Patrick, ignoraient tout de ses habitudes sexuelles, qu’il qualifie de «malencontreuses», et qu’à cause des révélations faites par «News of the World», la vie de sa famille et sa propre vie ont été détruites. (apic/eni/js)

29 juillet 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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