Mais un sujet d’inquiétude pour les organistes

Angleterre: Le recueil de chants numériques: une aubaine pour les paroisses

Londres, 22 janvier 2004 (Apic) Le recueil de chants numérique est une aubaine pour les paroisses, mais un sujet d’inquiétude pour les organistes. Avec un portable, on est aujourd’hui à même de produire plus de 2’300 airs. De quoi inquiéter les musiciens. Les vrais, d’autant que le prix de l’instrument équivaut à un an de salaire d’un organiste dans une petite église.

«L’orgue numérique ne remplacera jamais un organiste, même si c’est un merveilleux instrument de dépannage», commente à Londres Martin Phelps, qui reçoit dans sa boutique au sud de la ville des commandes du monder entier pour le «recueil de chants numérique».

L’instrument a la dimension d’un ordinateur portable, il pèse 1,8 kilo et fonctionne grâce à deux puces. Il peut produire plus de 2’300 airs, traditionnels et modernes, d’une série de sons instrumentaux allant de l’orgue au piccolo.

Avant un service, environ 10 cantiques peuvent être programmés et enregistrés. L’instrument peut également faire face aux cas d’urgence, souvent rencontrés par les organistes. Il peut accélérer, ralentir, ajouter un autre verset, changer d’air et de tempo sans se plaindre, et ajouter des «amen» si nécessaire.

D’un point de vue commercial, le commerçant ne craint pas une baisse des ventes après Noel. «En fait, janvier représente même l’un des moments forts de vente de musique numérique. Il y a un afflux de demandes quand les gens ou les paroisses prennent conscience de la pénurie d’organistes», fait remarquer Martin Phelps.

Selon Helen Foster, de la Royal School of Church Music, «il peut être difficile de trouver des gens ayant le temps et le talent, capables de diriger une chorale et de jouer de l’orgue». Chris Bishop est prêtre anglican en charge de quatre paroisses rurales de l’Essex, dans le sud-est de l’Angleterre. Il recourt à cet instrument chaque dimanche dans l’une ou l’autre des paroisses. «Je n’ai jamais enregistré de plaintes, et parfois des visiteurs viennent voir qui est l’organiste. Ce n’est certes pas la même chose, mais c’est mieux que de se passer de musique».

Facile et peu coûteux

Il estime que cet équipement est facile à utiliser. Ce qu’il apprécie, c’est de trouver facilement les cantiques car ils portent le même chiffre que dans son recueil de chants. L’instrument peut être aussi adapté à d’autres recueils utilisés parmi les Eglises et une table des matières existe pour ceux qui n’ont pas ces livres.

Pour Martin Phelps, l’instrument n’a pas de concurrent direct. Il l’a un jour découvert aux Etats-Unis au milieu des années 90 et avait obtenu de la firme Gulbransen l’autorisation de le vendre en Grande-Bretagne.

Les ventes ont démarré en 2000 après que Martin Phelps eut enregistré une série de cantiques pour les marchés britanniques et ceux du Commonwealth. La plupart des 2’300 airs sont de nouveaux enregistrements.

L’appareil coûte 1’699 livres sterling (2’463 euros), toutes taxes comprises. Ce qui pourrait inquiéter les organistes, c’est que son prix équivaut à une année de rémunération d’un organiste non professionnel dans une petite église, même si les organistes professionnels jouant dans les grandes églises peuvent recevoir un salaire trois fois plus élevé. (apic/eni/pr)

23 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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