Etrange décision de la Chambre de lords
Angleterre: Les indigènes Ilois ne pourront pas retrouver leur terre
Londres, 23 octobre 2008 (Apic) Les indigènes Îlois (ou Chagossiens) des îles Chagos, expulsés de chez eux, dans l’archipel britannique de l’Océan Indien, ne pourront pas revenir sur leurs terres, a décidé la Chambre des lords, en mettant fin, par sa sentence, à un contentieux entamé depuis 30 ans entre les 2000 natifs de l’archipel et le gouvernement anglais.
«La communauté est choquée par la décision de la Chambre – a confié l’avocat de la défense, Richard Giffon -, d’autant plus qu’elle va à l’encontre de sentences précédemment émises par sept autres juges qui avaient estimé que cette demande de rapatriement était si vitale qu’elle ne pouvait en aucun cas être contrecarrée».
L’affaire remonte en effet aux années 1960 et 1970, après que les quelque 2000 habitants des îles Chagos avaient été chassés de leurs terres pour faire place à la plus grande base militaire américaine hors du territoire des États-Unis sur l’île de Diego Garcia, la plus grande de l’archipel.
Après une longue bataille judiciaire aux nombreux coups de théâtre – comme en 2000, lorsque le gouvernement avait eu recours à un décret signé par la reine pour annuler la décision de la cour suprême qui s’était exprimée en faveur des indigènes -, l’exécutif a demandé à la Chambre des Lords de se prononcer par une sentence définitive sur la question.
«Nous regrettons la manière dont ont été menées les opérations d’expulsion des indigènes Îlois dans les années 1960 et 1970 – a affirmé le ministre des Affaires étrangères David Miliband – mais nous ne cherchons aucune justification ni ne demandons pardon pour le comportement adopté par une génération précédente», avant d’ajouter que le gouvernement «a dédommagé les familles concernées et il n’est pas tenu de verser d’autres indemnisations».
Si la presse anglaise parle de «sentence immorale» et d’une «flagrante injustice», les associations de soutien aux Chagossiens ont déjà annoncé qu’elles présenteraient un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. «Ils nous ont expropriés de nos propres terres et de nos maisons en échange de quelques pièces», s’est insurgé un représentant de la communauté Îlois; «Ils nous ont traités comme des esclaves en nous déportant sur l’île Maurice, La Réunion et les Seychelles, et nous mènerons cette bataille jusqu’au bout».
Située sur une portion de terre de 25 kilomètres de long et de 10 kilomètres de largeur, la base américaine de Diego Garcia abrite 1700 soldats et 2300 de leurs proches ainsi qu’une flotte de bombardiers B-2 et B-52. On soupçonne qu’elle a été utilisée comme centre de détention secret pour de présumés terroristes. (apic/misna/pr)



