Plus de cartes, mais des dons
Angleterre: Les méthodistes en campagne contre les cartes de voeux de fin d’année
Londres, 29 décembre 2004 (Apic) Les méthodistes de Grande-Bretagne disent avoir trouvé le moyen de célébrer les fêtes de fin d’année en n’envoyant plus autant de cartes – le chiffre est estimé à un milliard – qui finissent à la corbeille après Noël. Mais cette campagne pourrait ne pas être bien accueillie par toutes les organisations de bienfaisance.
Le Fonds méthodiste de secours et de développement a en effet invité les gens à ne pas envoyer de cartes de Noël à ceux et celles qu’ils rencontrent fréquemment – collègues de travail, camarades d’études, autres fidèles de l’Eglise – et à n’acheter ou à ne faire qu’une seule et grande carte et à l’afficher là où tout le monde pourra la voir.
«Nous pouvons nous demander pourquoi nous nous sentons obligés d’envoyer des cartes à ceux que nous voyons tout le temps», fait remarquer à l’Agence oecuménique ENI Kevin Fray, coordinateur du Fonds méthodiste pour les relations avec les donateurs. «Non seulement ce sera bon pour la protection de l’environnement, mais l’argent épargné en n’achetant plus de cartes individuelles pourrait être utilisé pour soutenir des projets d’agriculture viable en Afrique, en Asie et en Amérique latine».
Il a rappelé que le montant de trois livres sterling (4,35 euros), qui représente environ le coût de 10 cartes, permettrait d’acheter 300 plants pour commencer une pépinière en Inde, et que le coût de 50 cartes permettrait d’acheter trois sacs de ciment pour construire une porcherie au Malawi.
Kevin Fray espère que ce projet aura autant de succès que l’initiative lancée l’an dernier, lorsque le Fonds méthodiste a demandé aux Britanniques de ne pas acheter d’arbres de Noël. Sans grand succès pourtant. L’agence a reçu 15’000 livres sterling (environ 22’000 euros) en donations supplémentaires – soit le coût de 1 500 arbres.
L’industrie des cartes de Noël en Grande Bretagne remonte à 1843, lorsque le londonien Henry Cole a estimé qu’il était trop occupé pour écrire des lettres à toute sa famille et à tous ses amis. La première carte de Noël représentait un garçon portant une écharpe rouge, et l’inscription «Joyeux Noël et Bonne Année».
Clinton Cards, le plus grand détaillant de cartes en Grande-Bretagne, vend plus de 100 millions de cartes chaque année pour Noël, mais les institutions religieuses et laïques ont aussi une grande part du marché. Ainsi, Oxfam, organisation de développement, a vendu 13 millions de cartes de Noël dans ses magasins en 2003, collectant ainsi 1,2 million de livres sterling (1,74 million d’euros).
Les cartes les plus populaires d’Oxfam représentent des scènes de la nativité, avec la vierge et l’enfant, et les trois rois mages plutôt que des bonhommes de neige, des colombes, des rouges-gorges, des arbres de Noël, et même le père Noël. (apic/eni/pr)




