Risque de division au sein de l’Eglise d’Angleterre

Angleterre: Porte ouverte à la nomination de femmes évêques chez les anglicans: réactions

Londres, 17 juillet 2005 (Apic) L’Eglise anglicane, institution fondatrice de l’anglicanisme dans le monde, a ouvert la voie à la consécration de femmes évêques, 11 ans après l’admission des femmes à la prêtrise, mais elle risque de provoquer une division sur la question. Moins d’une semaine après la décision, les divergences apparaissent.

Le Synode général de l’Eglise s’est réuni dans la ville de York, au nord de l’Angleterre, et a approuvé la décision le 11 juillet par 367 voix contre 127. Il a décidé de lancer un processus visant à supprimer les obstacles sur la voie de la nomination de femmes évêques, la question devant être soumise de nouveau au Synode l’an prochain.

Mais l’évêque de Chichester, John Hind, a déclaré au Synode que la motion était «prématurée et représentait un dangereux précédent», car il n’y a pas eu de débat théologique au sein de l’Eglise sur ce sujet.

Trois régions de la Communion anglicane mondiale – la Nouvelle- Zélande, le Canada et les Etats-Unis – ont déjà nommé des femmes évêques. Un rapport de l’Eglise d’Angleterre de l’an dernier précise que des femmes évêques ont déjà été acceptées en principe dans 11 provinces supplémentaires.

Selon ce rapport, «l’Eglise d’Angleterre ne pourra pas promouvoir l’Evangile de manière efficace si ses structures impliquent le sexisme d’une façon qui n’est plus acceptable dans la société contemporaine».

Ce rapport a aussi prédit que la pression exercée en faveur de la nomination des femmes à toutes les charges du ministère sera ressentie par les Eglises catholique romaine et orthodoxes «à long terme».

Dispositions spéciales réclamées

En ouvrant le débat, l’évêque de Southwark, Tom Butler, a dit «croire qu’il existe de bonnes raisons théologiques et ecclésiales en faveur de la consécration de femmes évêques». Christina Rees, présidente de WATCH (Les femmes et l’Eglise), qui fait campagne pour l’égalité des femmes au sein de l’Eglise, s’est félicitée de la décision du Synode. «Repousser la décision aurait sapé les énergies de l’Eglise et gaspillé certaines de nos ressources les plus précieuses – des femmes engagées, douées, expérimentées et loyales.»

Mais les opposants à la mesure ont réclamé des dispositions spéciales pour ceux qui ne pourraient pas accepter l’autorité de femmes évêques. Rod Thomas, porte-parole du groupe évangélique Reform, opposé aux femmes évêques pour des motifs bibliques, souligne qu’un diocèse séparé sera nécessaire pour ceux qui ne pourraient accepter des femmes évêques.

L’évêque d’Ebbsfleet, Andrew Burnham, a pour sa part déclaré au journal Sunday Times avant le vote qu’il quitterait l’Eglise si des dispositions n’étaient pas prises pour les opposants, et il prévoit le départ de quelque 800 membres du clergé de l’’Eglise d’Angleterre qui compte 9 000 prêtres salariés. (apic/eni/pr)

17 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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