Angleterre: Propos sécuritaires de l’archevêque de Cantorbéry sur l’asile

Pour «soulever la question»

Londres, le 9 février 2003 (APIC) L’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a surpris aussi bien ses partisans que ses détracteurs en déclarant qu’il était «parfaitement raisonnable» de placer les demandeurs d’asile dans des unités sécurisées en attendant que leur dossier soit examiné. Jonathan Jennings, chargé de presse de l’archevêque, a précisé que Rowan Williams ne préconise pas la détention des demandeurs d’asile, mais qu’il lui semble raisonnable de soulever la question.

Lors d’une interview accordée au journal «Sunday Times» (Londres), l’archevêque, connu pour ses positions progressistes, a indiqué qu’il était inquiet pour la sécurité de la population. «Un programme doit être mis en place assurer la sécurité. Nous vivons dans un monde peu sûr et l’on ne peut l’ignorer. Il appartient à tout gouvernement responsable de prendre ce problème de la sécurité très au sérieux», a-t-il déclaré. Cependant, il estime que les demandes d’asile doivent être examinées rapidement afin que les requérants «ne soit pas retenus dans des centres hermétiquement fermés pour une période indéfinie».

Depuis quelques semaines, la sécurité est devenue un sujet brûlant en Angleterre, en raison d’une opération de police contre des ressortissants algériens, qui s’est soldée par la mort d’un agent. Le Conseil pour les réfugiés, une organisation non gouvernementale, observe qu’il existe «des craintes réelles concernant la sécurité qui doivent être traitées, mais qu’une politique de détention des requérants d’asile dès leur arrivée fera peu pour améliorer notre sécurité».

Réfugiés économiques ou politiques ?

Selon les statistiques du Ministère de l’intérieur, avec 92’000 demandes d’asile l’an dernier (y inclus les familles) en 2001, le Royaume-Uni reçoit plus de requérants que n’importe quel autre pays de l’Union européenne. De nombreux Britanniques pensent que ce sont surtout les migrants économiques, et non les victimes de persécutions, qui cherchent à profiter du droit d’asile.

Cependant, le Conseil pour les réfugiés, en s’appuyant sur les statistiques du Ministère de l’intérieur, affirme que plus de la moitié des demandeurs d’asile ont obtenu – après l’examen de leur dossier – l’autorisation de rester au Royaume-Uni.

Par ailleurs, la Commission pour la justice raciale des Eglises – qui fait partie du Rassemblement des Eglises de Grande-Bretagne et d’Irlande – s’est exprimée au nom des demandeurs d’asile qui se verront refuser une aide financière et autre assistance, s’ils ne s’enregistrent pas au port d’entrée en Grande-Bretagne. La Commission considère que cette mesure «draconienne» ne dissuadera probablement pas les réfugiés de chercher à obtenir l’asile en Grande-Bretagne. (apic/eni/sh)

9 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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