Bras de fer entre catholiques et gouvernement

Angleterre: Remous autour de l’adoption en rapport avec loi de l’égalité

Londres, 25 janvier 2006 (Apic) L’archevêque de Westminster et Primat de l’Eglise d’Angleterre, le cardinal Murphy O’Connor, a demandé au gouvernement, à travers une lettre envoyée au Premier Ministre, Tony Blair et à son gouvernement, d’exempter les Agences catholiques de l’adoption en rapport avec la Loi de l’Egalité.

Cette loi, qui entrera en vigueur au mois d’avril prochain, oblige à inclure les couples du même sexe comme des adoptants possibles des enfants.

Face aux remous, provoqués aussi bien chez les anglicans que chez les catholiques, Tony Blair a promis jeudi une décision dès la semaine prochaine, dans la polémique qui oppose son gouvernement aux catholiques britanniques, en particulier, concernant l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

Dans un communiqué extrêmement prudent, le Premier ministre a déclaré qu’il «avait toujours été, à titre personnel, pour le droit d’adopter par des couples homosexuels», tout en ajoutant: «notre priorité sera toujours le bien-être de l’enfant».

Un bras de fer oppose actuellement son gouvernement à l’église catholique britannique, qui refuse une nouvelle loi contre les discriminations, qui obligera toutes les agences d’adoption à accepter les demandes de couples homosexuels.

Le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, chef de l’Eglise catholique pour l’Angleterre et le Pays de Galles, a averti mardi que les agences d’adoption catholiques fermeraient si la loi, qui doit entrer en vigueur en avril, les oblige à agir contre leurs convictions en matière de couple et famille.

Selon le cardinal, «obliger les agences à envisager l’adoption par des couples homosexuels serait agir contre les enseignements de l’Eglise Catholique». Ce serait donc «une discrimination illogique, non nécessaire et injuste» qui obligerait ces agences à agir contre leur conscience.

Comme il l’explique dans sa lettre, si la loi était acceptée, l’Eglise serait obligée de fermer ces agences catholiques pour les adoptions, et ce serait «une tragédie non nécessaire». C’est pourquoi le cardinal exhorte les autorités à permettre que les agences puissent continuer à réaliser leur travail. «Il n’y a rien à perdre – conclut le cardinal – et les enfants qui attendent une famille d’adoption ont beaucoup à gagner avec notre bonne collaboration».

De même l’archevêque Mario Conti, vice-président de la Conférence épiscopale Ecossaise, a écrit une lettre au Premier ministre exprimant son appui à la position du cardinal Murphy-O’Connor sur l’adoption par des couples homosexuels. (apic/fides/ag/pr)

25 janvier 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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