Appel à l’unité face au risque de schisme

Angleterre: Rencontre entre l’archevêque de Cantorbéry et 2’000 clercs évangélistes

Blackpool, 21 septembre 2003 (Apic) L’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a lancé dans la soirée du 19 septembre un appel à l’unité devant 2’000 clercs anglicans évangélistes réunis à Blackpool en Angleterre. Motif de cette assemblée inhabituelle: le risque accru de schisme suite à la nomination du premier évêque ouvertement homosexuel de la communion anglicane, le chanoine Gene Robinson.

L’appel à l’unité lancé par le primat de la communion anglican, Rowan Williams, bien que salué par les participants n’a de loin pas suffit à apaiser les tensions sur la question de la pleine intégration des homosexuels dans l’Eglise. Cette problématique est stigmatisée par la nomination de Gene Robinson et la récente décision de son Eglise, les Episcopaliens du New Hampshire aux Etats-Unis, d’autoriser la bénédiction des couples homosexuels.

Pour Mgr Wallace Benn de Lewes, un des chefs de fil des évangélistes, la branche la plus conservatrice de l’anglicanisme, il ne fait aucun doute que si Gene Robinson est bel et bien consacré évêque, la «Communion anglicane finira top ou tard par se rompre».

Des opinions de plus en plus divergentes

Des responsables anglicans africains vont également se rencontrer le 26 septembre à Nairobi afin de décider d’une ligne commune sur la question de l’homosexualité, avant la tenue d’une réunion d’urgence des leaders anglicans du monde entier à Londres les 15 et 16 octobre. Ce sommet a été convoqué par l’archevêque de Cantorbéry pour tenter d’éviter que question de l’homosexualité dans l’Eglise ne dégénère en schisme.

«Nous discuterons du sujet et nous nous prononcerons d’une seule voix», a déclaré l’archevêque Bernard Malango qui dirige l’Eglise anglicane de la province d’Afrique centrale. Cité par le journal «Daily Times» du Malawi, où il réside, l’archevêque Malango a fait observer que si la réunion de Londres approuvait la nomination de Gene Robinson, il déciderait, avec d’autres évêques, de se séparer de la Communion anglicane.

Mais cet avis n’est pas partagé par tous les évêques africains. Ainsi, l’archevêque anglican d’Afrique du Sud, Njongonkulu Ndungane, a critiqué les autres évêques africains, en déclarant qu’ils pratiquaient «la politique de l’autruche» en ce qui concerne l’homosexualité.

«Ce n’est pas un secret qu’il y a des prêtres et des évêques homosexuels, et l’Eglise institutionnelle semble fermer les yeux alors que nous devrions encourager l’honnêteté», a déclaré l’archevêque Ndungane au journal britannique «The Guardian». «Si Gene Robinson avait gardé le silence, il n’y aurait pas eu de problème.»

L’archevêque Ndungane considère comme «arrogantes» les déclarations de ceux qui disent que les membres de l’Eglise épiscopale des Etats-Unis ne savaient pas ce qu’ils faisaient en élisant Gene Robinson. «Nous devons respecter leur décision», souligne le prélat.

Nomination officiellement répudiée

De nombreux anglicans des Etats-Unis et d’ailleurs se sont opposés vigoureusement à la nomination du chanoine Gene Robinson. Le 20 septembre, le diocèse de Floride centrale a d’ailleurs officiellement répudié la nomination de Gene Robinson. C’est le premier diocèse américain à s’y opposer d’une manière aussi formelle.

Des tensions ont surgi également parmi les anglicans après la bénédiction au Canada en mai d’un couple de personnes du même sexe et l’approbation par l’évêque canadien Michael Ingham, du diocèse de New Westminster, d’une liturgie pour de telles bénédictions.

Des primats et des responsables d’Eglise des Antilles, d’Afrique, d’Inde, du Pacifique et d’Amérique du Sud ont également dénoncé ce genre de bénédiction et averti que la Communion anglicane risquait de devoir choisir: «rester une communion ou se désintégrer pour devenir une fédération d’Eglises».

Premier signe extérieur de rupture

L’archevêque Malango s’est rendu début septembre à Vancouver, au Canada, où il a participé à la désignation de l’évêque Terry Buckle à la tête des huit paroisses du diocèse de New Westminster, qui se sont retirées du diocèse pour protester contre la bénédiction des unions entre personnes du même sexe.

A ce sujet Mgr Malango a déclaré «Nous voulons préserver le mariage et son caractère sacré», a précisé l’archevêque Malango, pour expliquer sa participation au service visant à désigner Terry Buckle, évêque du Yukon dans le nord-ouest du Canada. «Si Dieu a créé l’homme, c’est pour qu’il épouse une femme, et non un autre homme.»

Le service a été célébré à Vancouver le 7 septembre, malgré les démarches de Michael Ingham qui, en se référant aux lois de l’Eglise, voulait faire interdire à Terry Buckle d’accomplir ses fonctions épiscopales dans le diocèse de New Westminster.

D’autres évêques ont participé à la cérémonie, notamment K. J. Samuel, président de l’Eglise de l’Inde du Sud; six prélats canadiens; ainsi que d’autres responsables de Grande-Bretagne et des Etats-Unis. (apic/eni/washpost/bbc/sh)

21 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!