Solidarité avec des prisonnières
Angleterre: Une paroisse se mobilise pour aider deux Nigérianes détenues en Thaïlande
Londres, 3 août 1999 (APIC) La mondialisation n’a pas que des effets pervers. Elle a permis à la communauté de Dray Dayton, une petite paroisse anglicane, près de Cambridge, d’oser une geste de solidarité peu banal. La population de ce village de 500 habitants s’est ainsi mobilisée pour aider deux Nigérianes détenues dans une prison thaïlandaise. Outre la fourniture d’une aide personnelle et matérielle, la paroisse tente aussi d’obtenir leur libération anticipée.
David Gosling, ancien prêtre de la paroisse enseignant à l’Université de Cambridge doit se rendre en Thaïlande cet automne pour tenter d’obtenir la libération des deux femmes emprisonnées depuis presque dix ans pour trafic de drogue.
Philomena Balogun et Cordelia Edinbus ont été arrêtées à l’aéroport de Bangkok en 1990 alors qu’elles essayaient de faire sortir de l’héroïne du pays. Leur fournisseur aurait lui-même averti la police des stupéfiants afin d’obtenir une récompense pour l’arrestation de trafiquants.
«Philomena et Cordelia sont des prisonnières qui ne reçoivent aucun soutien car il n’y a pas d’ambassade du Nigéria en Thaïlande», a expliqué David Gosling à l’agence œcuménique ENI. Ces deux femmes étaient enceintes au moment de leur arrestation et leurs enfants sont nés en prison. Ils ont été envoyés ultérieurement au Nigéria où ils sont actuellement élevés par leurs grands-parents.
Pourquoi soutenir des passeurs de drogues ? «Philomena et Cordelia ont déjà été jugées. Ce sont les prisonnières que nous soutenons, pas leur délit», répond Anne Kingsmill-Scholes, professeur à la retraite et coordinatrice de la campagne de soutien.
La paroisse envoie à chacune des deux femmes entre 100 et 150 livres (250-350 francs) deux fois par an. «Elles peuvent utiliser cet argent pour acheter des légumes et du dentifrice ou autres produits que reçoivent normalement les détenus des prisons occidentales. Nous leur avons envoyé des sachets de thé et des sous-vêtements. Dans des prisons bondées où les prisonnières dorment sur une natte posée sur le sol – elles peuvent être 14 dans une seule pièèce – nous voulons les aider à se considérer comme des femmes. Nous leur avons aussi adressé des masques pour les yeux car nous avons appris que les lumières étaient toujours allumées pour des raisons de sécurité.»
En retour Philomena et de Cordelia fabriquent des cartes de voeux que l’Eglise revend à l’occasion des fêtes de Noël et de la Saint-Valentin. «Ce projet est bon pour nous. Les problèmes mondiaux semblent si vastes que tout ce que nous faisons n’est qu’une petite goutte. Soutenir Philomena et Cordelia est un acte beaucoup plus personnel que celui d’envoyer de l’argent à un fonds», conclut Rosemary Gardiner, qui s’occupe de l’entretien de l’église, et collabore activement à la campagne de soutien. (apic/eni/mp)



