Angoisse en Irak dans l’attente d’une attaque américaine: lettre de Mgr Bidawid à Clinton

«Une tragédie, pour ne pas dire un génocide»

Bagdad, 13 novembre 1998 (APIC) «Avec quelle conscience avez-vous le courage de provoquer ce génocide?, écrit le patriarche de Babylone, Mgr Raphaël I Bidawid, dans une lettre adressée au président américain Bill Clinton. Alors que le monde s’attend d’une heure ou d’un jour à l’autre à une nouvelle frappe des américains contre l’Irak, le patriarche, relève qu’il ne peut exister de raisons suffisantes pour porter atteinte à la vie de tout un peuple. Il s’agit là d’une tragédie, «pour ne pas dire un génocide», écrit Mgr Bidawid.

Inquiet par ce qui devient d’heure en heure d’avantage qu’une menace, contre des sites du pays et sans doute aussi contre des populations civiles, Mgr Bidawid lance un appel à Bill Clinton, et rappelle que l’embargo contre l’Irak, décrété par l’ONU sous la poussée des Etats-Unis, tue mensuellement 20’000 enfants irakiens.

«Dans peu de temps, craint Mgr Bidawid, une nouvelle guerre contre les sites stratégiques irakiens va peut-être détériorer les infrastructures essentielles du pays comme en 1990. Le patriarche proteste «contre cette force déployée qui menace de créer un nouveau déséquilibre. Alors que la préoccupation des habitants est la levée de l’embargo qui dure depuis 8 ans».

L’embargo est la cause d’une grande ruine matériel, physique et sanitaire. Il laisse le peuple dans la misère Depuis 8 ans, poursuit-il, cette misère a tué plus d’un million d’enfants par manque de vivres et de soins médicaux. Durant toute la durée de l’embargo, 20’000 enfants sont morts mensuellement aussi bien à la maison que dans les hôpitaux où tout manque.

«C’est une tragédie, pour ne pas dire un génocide, inadmissible pour notre époque qui se dit civilisée. Si c’est ça le nouvel ordre mondial, nous nous révolterons», a menacé le patriarche de Babylone.

Le patriarche a encore évoquer le désir de Jean Paul II, «pour ne pas dire la décision», de visiter l’Irak. En novembre 1999, le pape devrait être à Bagdad. «Durant ma visite à Rome, en octobre dernier, le pape m’a répété son désir d’entreprendre un pèlerinage sur les traces d’Abraham. Sur 20 millions d’Irakiens, les chrétiens représentent un million dont la majorité, soit le 80%, sont catholiques de rite chaldéen. (apic/fides/ab)

13 novembre 1998 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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