Angola : Des diamants et du pétrole contre des armes

L’indignation de «Justice et Paix»

Luanda, 27 mars 2000 (APIC) Dans un document intitulé «Angola: un rideau de silence», la Commission nationale catholique «Justice et Paix» de Luanda interpelle les politiciens et les responsables de l’Angola, «qui ne devraient pas arriver à dormir en paix tant qu’il y a un Angolais qui souffre de faim ou un enfant sans futur».

«A qui bon affirmer que l’Angola est un pays souverain, indépendant et libre, si son peuple continue à vivre privé de liberté, de sécurité et de nourriture», souligne la Commission, qui dénonce le «rideau de silence» sur l’Angola, auquel s’est associé en particulier le Portugal. «Les messages des évêques angolais de juillet et août derniers, écrit-elle, ont rompu ce silence qui cachait l’immense scénario sur lequel, depuis près de 40 ans, on présente le drame de mort et de faim du peuple angolais. Alors que des millions de dollars continuent d’être destinés à la course effrénée aux armements».

Dans ce contexte, la Commission signale qu’il existe des «valeurs fondamentales». Elle ne peut pas se lasser de dénoncer les graves atteintes à ces valeurs en restant solidaires avec les évêques et le peuple martyrisé. La diplomatie nationale et les organismes communautaires doivent chercher à connaître avec impartialité et précision ce qui se passe derrière le rideau de silence de l’Angola, souligne le document. Pour la Commission, la communauté internationale, l’Union Européenne et les pays concernés devraient «créer des barrières en vue de prévenir les perversions idéologiques qui mettent en danger les valeurs les droits fondamentaux».

Envoyez-nous des vivres plutôt que des armes !

A l’occasion de l’année jubilaire, la Commission «Justice et Paix» exhorte les parties belligérantes à démontrer – en paroles, dans les attitudes et dans les faits – qu’ils sont du côté du peuple qui souffre. Il faut pousser la communauté internationale à «promouvoir dès que possible les conditions d’une situation de paix digne et stable en Angola». À ce propos, la Commission, citant les évêques angolais, lance un vibrant appel «pour qu’on n’envoie pas des armes en échange de diamants et du pétrole, mais des vivres. Et surtout qu’on restaure la paix. Une paix abîmée à cause des diamants et du pétrole!». (apic/cip/ba)

27 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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