La liste des victimes s’allonge de jour en jour
Angola: Nouveau bilan de l’épidémie de choléra
Luanda, 21 mai 2006 (Apic) Six experts internationaux ont été envoyés par les Nations Unies en Angola afin de renforcer l’organisation sanitaire locale qui essaie de mettre en échec la «pire épidémie de choléra de ces 20 dernières années», annonce une note diffusée vendredi par le Palais de Verre de New York.
La diffusion de la maladie a débuté mi-février dans la capitale Luanda et s’est désormais étendue à presque tout le territoire. Selon le dernier bulletin parvenu à Misna vendredi matin, émanant du bureau à Luanda de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), ces dernières 24 heures, 474 nouveaux cas ont été enregistrés. 8 nouveaux décès ont été enregistrés durant ce même laps de temps, portant le bilan global à 36’721 contaminations et 1’335 victimes.
Les six experts envoyés par l’Onu auront pour mandat d’épauler l’Oms, le ministère de la Santé angolais et les organisations non gouvernementales les plus actives dans la lutte contre l’épidémie afin de développer des stratégies visant à enrayer la diffusion du vibrion qui enregistre ces dernières semaines une moyenne quotidienne de 600 contaminations et 10 morts.
Les mauvaises conditions sanitaires, le manque de structures et infrastructures dans un pays récemment sorti de 30 ans de guerre civile et le manque d’eau potable sont les principales causes d’une telle diffusion de l’épidémie qui affecte surtout les enfants de moins de 5 ans.
Selon les estimations de l’Oms, ces derniers représentent à eux seuls 35% des victimes.
La diffusion du choléra dans le pays africain se poursuit avec une moyenne d’environ 600 nouvelles contaminations par jour et au moins 10 victimes quotidiennes. L’épidémie concerne 10 des 18 provinces nationales d’Angola, avec un taux de mortalité de 4%, bien que ces derniers jours aucun nouveau cas de contamination ni de décès n’ait été signalé dans au moins deux provinces (Bié et Huambo).
Selon les derniers rapports de l’Oms, les zones les plus frappées sont celles de la province de Luanda, foyer initial de l’épidémie, avec 17’579 contaminations et 244 morts, et celle de Benguela, avec 7’267 cas confirmés et 496 victimes (le taux de mortalité le plus élevé du pays).
Plus de 4,5 millions de personnes vivent à Luanda, dont plus des deux tiers dans des bidonvilles, sans avoir accès à l’eau courante. Dans ces zones, plus de 70% des personnes paient des sommes élevées à des fournisseurs privés. L’eau est transportée par camion par les commerçants ambulants qui la vendent «au seau» aux familles. (apic/misna/pr)



