Arménie: Karekine Ier lance un avertissement à l’UNESCO
Anniversaire de l’Empire ottoman
Paris, 4 novembre 1997 (APIC) Karekine Ier, catholicos de tous les Arméniens, a fait entendre sa voix dans le concert de réprobations qui a accueilli le projet de l’UNESCO de célébrer les 700 ans de l’Empire ottoman. Inclure cette célébration dans le calendrier annuel de l’UNESCO serait «une faute», a-t-il averti.
«Je serais très déçu de voir les dignitaires de quelque niveau que ce soit, à l’UNESCO ou dans toute autre organisation humanitaire, participer à la célébration des 700 ans de l’Empire ottoman». Selon lui, un tel comportement signifierait l’approbation de toutes les injustices et destructions causées durant l’époque ottomane», a-t-il déclaré à Leila Tavchanoglu, correspondante du journal turc «Cumhuriyet».
Karekine Ier en profite pour critiquer l’attitude adoptée par la Turquie à l’égard des minorités religieuses. Signalant que «la Turquie s’apprête à accueillir des millions de chrétiens à l’occasion du 2000e anniversaire de la naissance de Jésus-Christ en l’an 2000», il demande aux pays occidentaux d’expliquer à Ankara que «tant qu’elle ne respecte pas les droits des chrétiens du pays à la liberté de culte, elle ne doit pas s’attendre à rencontrer la compréhension et obtenir le rapprochement avec des pays qui croient dans les droits de l’homme».
La foi chrétienne est vivante en Turquie
Concernant les relations entre les Eglises des pays de l’Est et la Turquie, le catholicos souligne que celle-ci doit reconnaître que «toutes les Eglises chrétiennes ont droit à la liberté». A ce titre, il s’insurge contre le fait que le séminaire théologique de l’Eglise arménienne, situé sur l’île de Heybeli, ne puisse rouvrir ses portes – à l’instar de l’école de théologie orthodoxe du Patriarcat oecuménique de Halki, située elle aussi sur une île de la mer de Marmara, au large d’Istanbul.
Les touristes chrétiens arméniens, grecs ou syriens qui visitent les églises en Turquie ont l’impression que les cultures arménienne, grecque et syrienne sont «des reliquats du passé», constate Karekine Ier, qui attend d’Ankara qu’il donne «des preuves tangibles que la foi chrétienne n’est pas un simple héritage du passé, mais une foi vivante en Turquie».
La communauté arménienne du monde entier est en ébullition et se mobilise contre le projet de l’UNESCO. Plusieurs milliers de manifestants se sont encore rassemblés devant le siège de l’organisation à Paris à l’occasion de l’assemblée générale annuelle qui s’est tenue le 23 octobre dernier. Le vice-ministre des Affaires Etrangères d’Ouzbékistan, M. Azizkhodjaev, s’y est inquiété devant l’assemblée de voir certains pays manipuler l’UNESCO en proposant de célébrer sous ses auspices les jubilés d’anciens Empires. «Ce qui risque non seulement d’envenimer les relations entre les peuples, mais aussi de déclencher une vague de revendications territoriales et de miner la réputation de l’UNESCO», a-t-il averti. (apic/cip/pr)




