Suisse: Le synode catholique-chrétien se penche sur le rapprochement avec les anglicans
Annoncer ensemble l’Evangile dans une société toujours plus sécularisée
Berne, 13 juin 2014 (Apic) Une centaine de délégués du synode de l’Eglise catholique-chrétienne de Suisse sont réunis les 13 et 14 juin à Berne. Au terme de la célébration à l’église Saints Pierre-et-Paul, l’évêque Harald Rein a introduit les débats en présentant les options fondamentales du cheminement œcuménique.
Des accords sont déjà conclus depuis 1931 avec l’Eglise anglicane. Par exemple en Suisse, l’évêque catholique-chrétien peut administrer le sacrement de confirmation aux anglicans, avec l’autorisation de leur évêque responsable. Quelle serait donc la prochaine étape dans le rapprochement œcuménique? «La constatation d’une foi identique dans le dialogue avec d’autres Eglises exige à long terme une unité structurelle», a affirmé l’évêque Harald Rein devant l’assemblée. «Il ne s’agit ni d’une fusion, ni d’une absorption», a expliqué à l’Apic le curé Jean-Claude Mokry, de Genève. «La question est de mettre nos forces en réseau, d’un point de vue structurel, également entre les curés et les paroisses. Ainsi, les paroisses anglicanes en Suisse pourraient trouver place dans l’Eglise catholique-chrétienne, et envoyer par exemple des délégués à notre synode national».
Cette question sera débattue par les délégués, non pas en vue d’une décision, qui relève de leur Conférence des évêques, mais en vue de questions, de prises de position et d’idées à transmettre. La question du rapprochement oecuménique touchera également les luthériens suédois, avec lesquels les catholiques-chrétiens partagent beaucoup de valeurs communes. Le but de ces rapprochements n’est pas de «faire chemin ensemble parce que nous le voulons simplement. Il s’agit plutôt de la crédibilité et de l’affermissement de l’Evangile dans une société toujours plus sécularisée», a lancé l’évêque catholique-chrétien.
Attirer de nouveaux membres
Un autre thème du synode touchera la question du développement des paroisses, touchées, comme la plupart des autres communautés chrétiennes, par une difficulté de renouvellement des membres. «Les catholiques-chrétiennes et les catholiques-chrétiens préféreraient que les nouveaux membres viennent d’eux-mêmes simplement parce qu’ils auraient été enthousiasmés par nos brochures. Mais cela ne fonctionne pas ainsi!», a lancé Harald Rein dans son introduction. «Chaque paroisse doit vraiment tout faire – selon ses possibilités – pour attirer l’attention sur elle et aborder les personnes de l’extérieur et les enthousiasmer».
Un 3e défi sur lequel se penche le synode touche les structures en lien avec les finances. L’évêque Rein met en évidence la baisse des entrées financières issues des impôts ecclésiastiques. Il propose de s’appuyer davantage sur «des fondations, du sponsoring et des entrées d’argent liées à des projets spécifiques». Il prévoit que les prestations au niveau du diocèse seront étoffées «parce que les paroisses attendent de plus en plus du diocèse et que différents travaux dans l’administration et les finances ne peuvent plus être faits gratuitement par des laïcs.»
La célébration d’introduction et le lancement du synode se sont déroulés en présence, notamment, de l’archevêque orthodoxe Makarios, de Mgr Marian Eleganti, représentant de la Conférence des évêques catholiques romains de Suisse, de Herbert Winter, président de la Fédérations suisse des communautés israélites et du Conseiller d’Etat bernois Christoph Neuhaus, chef du département de justice, des communes et des Eglises.
Encadré 1:
L’Eglise catholique chrétienne compte environ 13’500 membres en Suisse, en grande majorité des ressortissants suisses. Son implantation touche davantage les cantons d’Argovie, Bâle et Berne. On trouve toutefois des paroisses romandes dans les cantons de Neuchâtel, Vaud et Genève, qui rassemblent au total quelques milliers de fidèles. «Nous sommes une minorité dans une Eglise minoritaire!», lance le curé Mokry, de Genève.
Encadré 2:
La proclamation du dogme de l’Infaillibilité papale en 1870 et la condamnation du Modernisme par le Ier Concile du Vatican ont choqué un grand nombre de fidèles et de prêtres, particulièrement dans les pays germaniques (Allemagne, Autriche, Suisse). Des Eglises s’y mettent en place, dans le rejet des nouvelles orientations de l’Eglise catholique romaine, à partir des réseaux déjà existants de catholiques libéraux. Dès le début, l’archevêque «vieil-épiscopal» d’Utrecht propose son assistance spirituelle et sacramentelle à ces groupes.
En septembre 1871, un congrès à Munich rassemble plus de 300 représentants de ces groupes, mais aussi des observateurs anglicans et protestants, ainsi que l’archevêque «vieil-épiscopal» d’Utrecht, Mgr Loos. Plusieurs congrès vont alors se réunir pour organiser et structurer l’Eglise. En 1874, la discipline du célibat des prêtres est abandonnée dans certaines églises et la même année, une Faculté de théologie catholique-chrétienne est fondée au sein de l’Université de Berne. L’adoption des langues vernaculaires au sein de la liturgie a lieu en 1877.
En 1889, une union de ces Églises est établie sous le nom d’Union d’Utrecht. Elle établit des liens d’intercommunion avec la Communion anglicane en 1931 par l’Accord de Bonn (Bonn Agreement), et se rapproche aussi avec d’autres groupes issus du catholicisme, mais en conflit avec le Saint-Siège, comme les Mariavites en 1909 ou l’Eglise indépendante des Philippines en 1965.
Note aux médias: Des photos du synode peuvent être commandées à apic@kipa-apic.ch. Prix pour diffusion: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.
(apic/bb)



