Aoste: Benoît XVI dénonce la «guerre entre chrétiens, musulmans et juifs»

La paix, pas demain, mais aujourd’hui

Rome, 25 juillet 2006 Le pape Benoît XVI a dénoncé «la guerre entre chrétiens, musulmans et juifs», regrettant que le monde «soit plein d’inimitié et de violence», le 23 juillet 2006, lors d’une veillée de prière pour la paix au Proche-Orient dans l’église paroissiale de Rhemes Saint-Georges, dans le Val d’Aoste.

Dans ses propos, officiellement publiés par le Bureau de presse du Saint-Siège le 25 juillet, le pape a aussi appelé les chrétiens à mettre fin aux violences «par l’amour», à ne pas craindre de témoigner de leur foi et à prier avec insistance pour la paix dès «aujourd’hui».

«Il y a encore la guerre entre chrétiens, musulmans, juifs; et il y en a d’autres qui fomentent la guerre et tout est plein d’inimitié, de violence», a ainsi déploré le pape.

Soulignant que «dans un monde aujourd’hui pluriculturel et multireligieux, beaucoup sont tentés de dire» qu’il vaut mieux «pour la paix entre les religions, les cultures, dans le monde, ne pas trop parler des spécificités du christianisme», le souverain pontife a répondu par la négative.

«Justement en ce moment de grand abus du nom de Dieu, nous avons besoin du Dieu (.) qui vainc non pas avec la violence mais avec son amour». Ainsi, «avec l’amour, avec le message de l’amour, avec tout ce que nous pouvons faire pour ceux qui souffrent dans ce monde, nous devons porter aussi le témoignage de ce Dieu, de la victoire de Dieu justement à travers la non violence de sa croix», a-t-il insisté.

Qualifiant la situation au Liban de «dramatique», le pape s’est interrogé sur «l’efficacité» du sacrifice de Dieu. Les hommes seuls «ne peuvent pas résoudre le mystère de l’histoire, le mystère de la liberté humaine de dire ’non’ à la paix de Dieu», a-t-il alors expliqué. Et «nous devons accepter le mystère».

Invitation aux chrétiens

Le pape a néanmoins souligné qu’»il y a des forces de paix dans le monde», mentionnant notamment les «grands saints de la charité qui ont créé des ’oasis’ de cette paix de Dieu dans le monde» et qui ont été «capables de réconciliation».

Poursuivant sa «méditation», Benoît XVI a expliqué que le Christ «n’a pas vaincu avec un nouvel empire, avec une force plus puissante que les autres et capable de les détruire». «A la violence, il n’oppose pas une violence plus forte. A la violence, il oppose justement le contraire : l’amour jusqu’au bout, sa croix».

Si elle «nous apparaît très lente, c’est la vraie façon de vaincre le mal, de vaincre la violence», a-t-il renchéri. Il a alors invité les fidèles «à faire confiance à cette façon divine de vaincre», en participant à «ce travail de pacification». «Nous devons, dans la mesure du possible, porter notre amour à tous ceux qui souffrent», a alors lancé le pape.

Il a enfin invité les chrétiens à témoigner de l’amour et de leur foi, et «surtout, à crier vers Dieu». Dans une dernière prière, il a alors demandé à Dieu la paix «non pas demain ou après-demain», mais «la paix aujourd’hui». (apic/imedia/ar/pr)

25 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!