Turquie: Première visite du patriarche Kirill Ier à Istanbul

Apaiser les tensions entre les deux Eglises orthodoxes

Istanbul 8 juillet 2009(Apic) Le patriarche Kirill Ier de Russie s’est rendu pour la première fois à Istanbul depuis qu’il dirige la plus grande Eglise orthodoxe du monde. Il s’est entretenu avec le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople, afin d’apaiser les tensions qui divisent les deux Eglises orthodoxe depuis la chute de l’Union soviétique, informe l’agence œcuménique ENI.

L’Eglise de Constantinople – l’ancien nom d’Istanbul – est bien plus petite que l’Eglise russe mais elle est souvent considérée comme le siège historique du christianisme orthodoxe. «De temps à autres, des nuages ont temporairement assombri les liens entre les Eglises sœurs», a déclaré le patriarche œcuménique Bartholomée Ier dans son discours d’accueil après un service religieux célébré le 5 juillet au Phanar, le siège du Patriarcat œcuménique, selon l’agence Associated Press. «Ces nuages … doivent être immédiatement renvoyés dans les pages de l’histoire», a ajouté Bartholomée Ier.

Le christianisme est arrivé en Russie depuis Byzance en 988, après que le prince Vladimir eut choisi l’orthodoxie comme nouvelle religion de son royaume, rappelle ENI. Toutefois, Moscou s’irrite du fait que le patriarche de Constantinople soit considéré comme un primus inter pares – «premier parmi ses pairs» – dans la hiérarchie de l’Eglise orthodoxe, estimant que son rôle ne saurait être comparé à celui du pape dans l’Eglise catholique romaine.

S’unir pour porter témoignage au monde moderne

A Istanbul, le patriarche Kirill Ier a déclaré que les deux Eglises devaient s’unir pour porter témoignage au monde moderne. «Lorsqu’on rejette la religion aux confins de la vie publique, lorsqu’on balaye le concept même de péché, qu’on remet radicalement en question les valeurs morales traditionnelles et qu’on met le profit au cœur des motivations économiques, nous devons unir nos efforts pour défendre les normes de l’Evangile et mettre en place une réaction orthodoxe unie aux défis de notre époque», a déclaré Kirill, selon Patriarchia.ru, le site internet officiel du Patriarcat de Moscou.

Dans les années 1990, Constantinople avait déclenché la fureur de Moscou en reconnaissant l’Eglise apostolique orthodoxe d’Estonie comme une entité séparée de l’Eglise orthodoxe liée à Moscou. Par ailleurs, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, en 1991, le statut de l’Eglise orthodoxe en Ukraine empoisonne les relations entre Moscou et Constantinople. En Ukraine, le président Viktor Iouchtchenko s’est déclaré en faveur d’une Eglise ukrainienne unie sous l’égide de Constantinople. Moscou considère tant l’Ukraine que l’Estonie comme faisant partie de son territoire canonique.

Le patriarche Kirill Ier a déclaré à la presse, après un entretien le 4 juillet avec le patriarche Bartholomée Ier, que la réunion s’était déroulée dans un «esprit constructif», a indiqué le site Patriarchia.ru. Le dirigeant de l’Eglise russe n’a pas dit si Bartholomée Ier et lui avaient abordé les questions de l’Ukraine et de l’Estonie. (apic/eni/bb)

8 juillet 2009 | 09:27
par webmaster@kath.ch
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