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apic/Abbé Pierre/Exil/Italie

France: L’abbé Pierre choisit l’exil

Il s’installe en Italie. Définitivement? (290596)

Paris, 29mai(APIC) L’abbé Pierre a quitté la France. Il n’envisage pas

d’y revenir. La polémique faite autour de son nom, les attaques systématiques de ces dernières semaines sont à l’origine de sa décision.

Meurtri et blessé par «les attaques sans mesure» dont il a fait l’objet

suite à son soutien à l’écrivain Roger Garaudy accusé de révisionnisme,

l’abbé Pierre a quitté la France au début du mois de mai pour se retirer

dans un monsatère bénédictin en Italie, près de Padoue, révèle «Le Pèlerin

Magazine» dans son édition du jeudi 30 mai.

J’ai beaucoup souffert. Beaucoup. Les attaques dont j’ai fait l’objet

ont été sans mesure», déclare-t-il à l’hebdomadaire français, au cours d’un

entretien téléphonique avec le rédacteur en chef. «La chronique de Bernard

Kouchner – ancien ministre – dans un quotidien du soir m’a fait mal. Je ne

veux pas lui parler pour l’instant. Heureusement, cette souffrance m’a permi de retrouver la paix intérieure. J’ai rajeuni de 60 ans», écrit ce lutteur aujourd’hui âgé de 83 ans.

Le fondateur des communautés Emmaüs a ainsi quitté sa retraite d’Esteville, près de Rouen, pour s’en aller – en exil? – intégrer le monastère de

Praglia, où, écrit «Le Pèlerin Magazine», il suit les offices dans son habit brun de capucin sanglé d’une grosse corde. Selon le magazine, l’abbé

Pierre aurait également écrit une longue lettre destinée au Premier ministre israélien Shimon Pérès, et «deux cardinaux amis l’appellent régulièrement du Vatican pour le soutenir.

L’abbé Pierre indique encore que, pour clore la polémique, il avait initialement écrit un texte intitulé «Pour en finir». Mais, ajoute-t-il, «le

cardinal Lustiger m’a conseillé le silence». L’abbé Pierre n’envisage donc

pas pour l’instant de regagner la France. «A mon âge (84 ans en août), je

n’exclus pas de finir mes jours dans ce lieu. Mais ceci est à la grâce de

Dieu.

Pas gênant pour l’Eglise de France

Interrogé sur ce départ, le Père Olivier de La Brosse, porte-parole de

la Conférence des évêques de France, ne pense pas que cet «exil» puisse

être gênant pour l’Eglise de France, qui n’a pas manqué, elle non plus, de

réagir vivement contre les propos de l’abbé Pierre. «Aux yeux des évêques

de France, l’abbé Pierre est une personnalité hors du commun, qui a donné

un témoignage exceptionnel. Un témoignage qui force l’affection et le respect. Il vient d’être récemment et gravement mis en cause au sujet de

l’affaire Garaudy, suspecté qu’il a été dans sa bonne foi, dans son jugement».

Pour le Père La Brosse, le passage du texte de l’abbé Pierre, «les attaques dont j’ai fait l’objet ont été sans mesure», est à reprendre». Elle ne

sied pas à un «homme équilibré comme l’est l’abbé Pierre». Est-ce que ce

départ ne réjouira pas les hommes politiques ou autres que l’abbé Pierre

pouvait déranger par ses constants combats contre l’injustice et pour les

cabossés de la vie? Et qui ont pris «prétexte» des propos du fondateur des

communautés Emmaüs pour le discréditer? «L’abbé Pierre est assez grand pour

peser sa décision. Que certains puissent avoir cette attitude là n’est pas

impossible. Mais cela me paraît un peu fort qu’il se laisse impressionner.

Il a certainement pris sa décision en toute liberté. Que certains estiment

qu’on l’a trop vu, cela les regarde. Il est assez grand et assez libre pour

dire que cela vous fasse plaisir ou non, je n’ai aucune raison à recevoir

des coups de pieds au derrière.

Le défenseur des exclus prendre prochainement la route de la Suisse,

pour y passer quelques semaines de Vacances, proche de Zermatt. A la (montagne. Un autre air. apic/pr)

29 mai 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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