Le texte contient 65 lignes (max. 75 signes), 730 mots et 4955 signes.

apic/ACAT/Fribourg/Centre de thérapie CRS/Victimes de la torture

Fribourg:La Communauté portugaise accueille l’ACAT (210496)

8’000 victimes de la torture vivent en Suisse, révèle la Croix-Rouge suisse

Fribourg, 21avril(APIC) 8’000 personnes souffrant des suites de torture

vivent en Suisse, soit 25% des réfugiés reconnus dans notre pays, a révélé

samedi à Fribourg Angelo Lottaz, psychothérapeute au nouveau Centre de thérapie pour victimes de tortures de la Croix-Rouge suisse (CRS) à Berne.

Angelo Lottaz était l’un des invités de l’ACAT fribourgeoise, l’Action

des chrétiens pour l’abolition de la torture, qui était accueillie pour sa

réunion générale annuelle par la communauté portugaise de Fribourg. Comme

l’a souligné René Canzali, responsable de la Coordination fribourgeoise de

l’ACAT à l’ouverture de la journée, l’accueil de l’étranger est l’un des

moyens utilisés par l’ACAT pour combattre le racisme, source de torture.

Pari tenu pour la cinquantaine d’»Acatiens» fribourgeois qui ont pu apprécier les chants et danses du «Rancho folclorico» dans les locaux de la

communauté portugaise, rue St Nicolas de Flue. L’évêque diocésain, Mgr

Amédée Grab, est venu saluer les participants en fin de journée.

Au-delà des clichés sur l’islam et les musulmans

Dans une première conférence sur les «Minorités chrétiennes en pays

d’islam», Jacques Berset, journaliste à l’Agence de presse catholique APIC,

a lancé un appel à une meilleure connaissance du monde musulman, un univers

culturel multiple et complexe qui regroupe un milliard de fidèles, principalement en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient. En Europe, outre les pays

d’ancienne culture musulmane – comme la Turquie, l’Albanie ou certaines régions de l’ex-Yougoslavie comme la Bosnie ou le Sandjak serbe – la présence

musulmane, produit de l’immigration, est désormais une réalité avec laquelle il faut compter. En Suisse vivent aujourd’hui plus de 150’000 musulmans.

Face aux clichés sur le monde musulman, trop souvent assimilé au terrorisme et au fondamentalime islamique, J. Berset a relevé que les sociétés

musulmanes, au Maghreb ou en Egypte par exemple, sont traversées de courants qui s’affrontent sans merci à partir de visions du monde antagonistes. Si le courant modéré et ouvert à la modernité succombe aux assauts des

groupes islamistes qui se battent pour prendre le pouvoir, la situation des

minorités, notamment des chrétiens, sera encore plus difficile.

Aujourd’hui déjà, a-t-il noté, si les Constitutions des pays arabes affirment l’égalité entre citoyens, la plupart d’entre elles déclarent que

l’islam est la religion d’Etat et que le droit musulman est la source de la

législation. Comme le Coran est pour ces pays la première source du droit,

il s’ensuit pour les non-musulmans toute une série de discriminations en

matière religieuse, de mariage, d’héritage, d’égalité des chances…

Dans une deuxième conférence, le psychothérapeute A. Lottaz a présenté

le Centre de thérapie CRS pour victimes de tortures. Ouvert en septembre

dernier dans le périmètre de l’Hôpital de l’Ile à Berne, il accueille actuellement une quarantaine de patients. Il dispense une thérapie en ambulatoire pour les réfugiés officiellement reconnus et leurs proches. En principe donc pas pour les requérants d’asile, ce qui a provoqué de vives critiques au sein des organisations humanitaires. Ce choix a été dicté par la

volonté d’éviter des conflits avec la police des étrangers et les autorités. «Mais nous essayons de trouver des solutions pour les demandeurs

d’asile qui cherchent un appui chez nous», a-t-il assuré.

La torture, une destruction de l’âme de la victime

Traitant des victimes en provenance notamment du Kurdistan et d’Afrique

du Nord, le Centre fait également de la recherche et de la documentation

sur la torture. Il offre de la formation et des cours de perfectionnement

pour les spécialistes de la santé et de l’assistance sociale, de plus en

plus souvent confrontés aux suites désastreuses de la torture, «qui vise à

détruire la personnalité des torturés». A. Lottaz note que la torture ne

vise pas en premier lieu l’obtention de renseignements:»En principe, les

tortionnaires savent déjà tout, mais ils veulent culpabiliser les victimes,

qu’elles aient le sentiment d’avoir trahi des amis en donnant des noms».

Les conséquences des diverses formes de torture – physiques (coups, brûlures, électrochocs, etc.), psychologigues (humiliations, chantage, privations sensorielles, isolement), biologiques (perturbations des rythmes biologiques, privation de sommeil), agressions sexuelles – sont terribles pour

les individus et leur entourage. «On veut briser le corps, on veut briser

l’estime de soi, on veut détruire les relations». Reconstruire une personne

brisée par l’expérience traumatisante de la torture est une tâche de longue

haleine, que l’ACAT a décidé de soutenir. (apic/be)

21 avril 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!