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apic/Accusation/Père Lefort
France: Le Père Lefort, défenseur des enfants de la rue, est mis en examen
L’accusateur des pédophiles à son tour accusé de «viol sur un mineur»
Le Père Lefort nie: «Cette affaire arrange sûrement beaucoup de gens»
Paris, 29décembre(APIC) Le Père François Lefort, défenseur des enfants de
la rue, a été mis en examen pour «viol sur un mineur». L’accusateur des pédophiles, qui se voit aujourd’hui à son tour accusé, nie les faits reprochés.
Coup terrible pour François Lefort, prêtre et médecin français fondateur
de l’ECPAT, une association contre la prostitution enfantine: il a été mis
en examen pour viol sur mineur. L’homme, que l’on a vu sur tous les fronts
pour défendre les enfants de la rue, et qui a fait une déposition écrite au
procès de John Stamford, éditeur du guide homosexuel et pédophile «Spartacus», est conscient qu’il est «un emmerdeur et, qui plus est, trop médiatique». «Cette affaire arrange sûrement beaucoup de gens», dit-il, niant catégoriquement les faits qui lui sont reprochés.
Si l’accusation vient seulement d’être rendue publique, le prêtre globetrotter a été arrêté et mis en garde à vue dès le 5 décembre dernier, avant
d’être mis en examen pour viol sur un mineur de 15 ans par une personne
ayant autorité. Il se trouve actuellement en liberté, sous contrôle judiciaire, avec interdiction de poursuivre ses activités éducatrices.
Secrétaire général du Fonds de solidarité pour les enfants de la rue de
la Fondation Follereau, François Lefort coordonnait en effet les actions en
faveur des enfants des rues dans 42 pays, aux Philippines, en Afrique, en
Amérique latine. En 1985, il est parti en voyage autour du monde pour faire
une étude sur la prostitution enfantine qui a fait l’objet à l’époque d’une
vaste campagne de sensibilisation.
Dans la foulée, il est parti en Mauritanie, en plein désert, au milieu
de 60’000 personnes, dans un territoire de 20’000 km2. Sous la pression des
autorités politiques, notamment françaises, l’évêque, un de ses amis pourtant, l’a renvoyé parce qu’il avait dénoncé l’esclavage et les massacres
dans le pays, devait-il expliquer à l’époque.
«Ils m’ont eu en plein vol»
Si François Lefort n’est pas en prison aujourd’hui, c’est sans doute que
le juge en charge du dossier au tribunal de Nanterre nourrit des doutes sur
les accusations portées contre lui. L’enquête aurait été ouverte suite au
témoignage d’enfants du Sénégal recueilli par des éducateurs, selon lesquels le prêtre se serait livré à des violences sexuelles, à Dakar et à son
domicile de Neuilly-sur-Seine, contre des jeunes Sénégalais accueillis en
France. Le 21 décembre, suite à la parution d’un article dans «Le Parisien»
du même jour, il a publié un communiqué dans lequel, sans connaître encore
les détails du dossier monté contre lui par ses détracteurs depuis six
mois, il nie catégoriquement les faits, «car je sais, déclare-t-il, que je
n’ai jamais commis de ma vie la moindre crime, ni fait de propositions malhonnêtes à un enfant, ni même des gestes ambigus».
Le prêtre, qui n’exclut pas de porter plainte pour dénonciation calomnieuse, se demande à qui profite la rumeur. Y a-t-il un rapport avec des
menaces qui lui ont été adressée en 1985, dans une lettre anonyme avec ce
message: «Nulle part au monde, tu n’es à l’abri», et, plus récemment, quand
il a reçu une enveloppe cachetée contenant une mygale morte? «Je m’attendais à prendre un jour une balle dans la tête, dit-il. Mais là, c’est pire:
ils m’ont eu en plein vol. C’est le travail de plusieurs années qui est
foutu par terre d’un seul coup».
Un lien avec le procès de Turnhout?
D’où vient le coup qui est aujourd’hui porté à François Lefort. Le prêtre, qui fait confiance à la justice et ne doute pas que sa mise en examen
se conclura par un non-lieu, parle d’un «baiser de Judas» d’un de ses amis.
Dans son entourage, on parle en effet de jalousie entre associations humanitaires travaillent auprès des enfants.
Monique Lusteau, présidente de l’ECPAT, tout en se gardant de la moindre
affirmation, penche pour une autre piste: les milieux pédophiles. Et de
rappeler qu’en février dernier, tandis que se déroulait à Turnhout le procès de John Stamford, éditeur du guide homosexuel et pédophile «Spartacus»,
référence du tourisme sexuel et pédophile dans 150 pays, François Lefort
avait fait une déposition écrite accablante.
Dix ans plus tôt, il avait en effet pu rencontrer John Stamford en se
faisant passer pour l’intermédiaire d’un riche amateur de jeunes enfants.
Stamford lui avait remis un répertoire d’un millier de correspondants dans
le monde entier, capables de fournir en quelques heures un enfant, fille ou
garçon, de n’importe quel âge. Le lendemain, François Lefort avait remis le
fichier à la chaîne de télévision «Antenne 2». Mais il avait fallu attendre
dix ans encore avant que Stamford ne soit arrêté. Le procès de Turnhout n’a
pas été mené à son terme, «les pressions d’hommes politiques asiatiques de
haut rang ayant empêché un déroulement normal de la procédure», écrit le
journal catholique «La Croix».
C’est à présent François Lefort qui est sur la sellette, même s’il reste
en liberté. Selon «La Croix», qui lui a décerné son prix international des
Droits de l’homme 1988, la juge en charge du dossier, qui garde un silence
absolu sur cette affaire (comme du reste le parquet et l’avocat du prêtre),
a peut-être «voulu tenir compte du fait qu’on ne peut accabler un homme sur
les seuls déclarations d’enfants, si vulnérables à toute manipulation. Les
très nombreux amis de François Lefort appellent, eux, la vérité de leurs
voeux. La justice devra la faire éclater». (apic/cip/cx/pr)



