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Amérique latine: Les premières missionnaires africaines sont béninoises

Quartre d’entre-elles partent pour la Colombie: une première (281196)

Cotonou/Bogota, 28novembre (APIC) La «route de l’esclave» est bel et bien

devenue une «route de liberté et de paix», a estimé le cardinal Gantin, revenu dans son Bénin natal pour la messe d’envoi en mission de quatre religieuses béninoises en partance pour la Colombie. Le départ pour l’Amérique

Latine de religieuses africaines constitue une première.

Soeur Emilienne, 45 ans, Soeur Agathe, 34 ans, Soeur Marie-Rose et Soeur

Adélaïde, 32 ans, sont Oblates catéchistes petites servantes des pauvres.

Leur institut religieux, le plus important du Bénin, a été fondé en 1914

par un membre de la Société des Missions Africaines de Lyon, qui encouragea

une jeune fille de 18 ans, Julia Nobre, présidente des Enfants de Marie et

bientôt Soeur Elisabeth de la Trinité, à créer un premier groupe. L’institut, aujourd’hui en plein essor, compte près de 200 religieuses et a déjà

créé une antenne au Nigeria.

Un même terroir

Le cardinal Gantin, préfet de la Congrégation pour les évêques et à ce

titre président de la Commission pontificale pour l’Amérique Latine, ainsi

que doyen du Collège des cardinaux, s’est rendu en Colombie. «J’ai rencontré à Cartagena, a-t-il raconté aux religieuses, des descendants de nos

concitoyens de l’Afrique de l’Ouest, partis là-bas par la triste porte du

non-retour. Leur mémoire collective, autant que les traits humains ineffaçables de leur condition de pauvreté, ressemblent aux nôtres et les désignent comme issus du même terroir et marqués par le même destin que nous».

Des quatre religieuses – une infirmière, deux catéchistes et une enseignante – les deux plus jeunes ont appris leur nouvelle affectation avec un

brin d’appréhension. Mais elles ont été nourries de la spiritualité de

Sainte-Thérèse de Lisieux. «On s’attend toujours à un appel; c’est un acte

de foi», répond l’aînée. (apic/cip/cx/pr)

28 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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