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Afrique du Sud: Après l’apartheid, la violence et la criminalité
Les Eglises du pays partent à nouveau en guerre (160296)
Johannesburg, 16février(APIC) Les Eglises d’Afrique du Sud partent en
guerre contre la criminalité. Après avoir lutté contre l’apartheid, elles
s’attaquent aujourd’hui à un autre ennemi: la criminalité…l’escalade de
la violence dans le pays est particulièrement préoccupante.
Les Eglises méthodiste, anglicane, catholique-romaine, congrégationaliste et presbytérienne de Johannesburg, le centre d’affaires du pays, viennent en effet de lancer une campagne contre le crime. «Cette campagne a
pour but d’inviter les membres de nos Eglises à revoir leurs critères moraux et éthiques et à se demander s’ils aident ou s’ils entravent la lutte
contre le crime», explique l’évêque méthodiste Peter Storey.
«La multiplication des crimes – en particulier des crimes violents – a
atteint des proportions dramatiques dans l’agglomération de Johannesburg et
l’édification d’une nouvelle Afrique du Sud est menacée par des criminels»,
écrit pour sa part Mgr Reginald Orsmond, évêque catholique de Johannesburg,
dans une lettre adressée à toutes les paroisses de son diocèse.
«Nous devons nous attacher à redéfinir les critères éthiques et moraux
de tous nos membres – à redécouvrir les valeurs de l’honnêteté et de l’intégrité … car nous pensons que les fidèles, par une action commune, pourront enlever toute initiative aux criminels et rétablir la dignité et la
sécurité au sein de nos communautés».
Le crime l’emporte aujourd’hui sur la violence politique, et il est devenu la préoccupation majeure des politiciens et des citoyens. Selon les
médias qui citent des chiffres officiels, un meurtre est commis toutes les
trois minutes en Afrique du Sud.
Selon le même rapport officiel, en 1994, plus de 800’000 actions violentes ont été commises – dont 18’000 meurtres, 67’000 attaques à main armée,
150’000 agressions et 30’000 viols.
Un deuxième rapport indique que le «crime en col blanc» a doublé entre
1993 et 1994 – «tendance expliquée, selon les experts, par le traumatisme
subi par les blancs de classe moyenne qui ont perdu leurs pouvoirs traditionnels».
Les analystes rappellent aussi que la multiplication des crimes est amplifiée par les problèmes d’une société qui traverse une période de bouleversements – comme en Russie après la chute du communisme. Auparavant, le
crime était tenu en échec par les lois répressives de l’apartheid. L’impunité avec laquelle l’ancienne police sud-africaine agissait sans devoir répondre de ses actes dissuadait les criminels d’agir.
ENCADRE
La revue «Vivant Univers» consacre un dossier à l’Afrique du Sud
«Vivant Univers», la revue missionnaire des Pères Blancs, consacre sa
dernière livraison à l’Afrique du Sud, en se penchant sur la société de se
pays qu’il convient de transformer aujourd’hui, à l’avantage de 40 millions
de personnes et non plus de 5 millions de privilégiés, comme c’était le cas
sous le régime de l’apartheid.
A travers quatre dossiers pour autant d’auteurs qui vivent depuis l’intérieur les problèmes de l’Afrique du Sud, «Vivant Univers» analyse les
composantes ethniques de la société sud-africaine, pose un regard sur
l’enseignement, se plonge dans les rouages de l’économie et la manière
qu’adopte le président Mandela pour relever les défis, trace enfin le bilan
littéraire et la part prise par celle-ci dans l’émergence d’une identité
sud-africaine. (apic/eni/pr)



