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apic/AI/Kénya/Torture

Kénya: Tortures systématique dans les prisons du pays

AI au secours des prisonniers battus jusqu’à la mort parfois (111295)

Londres, 11décembre(APIC) Torture, mauvais traitements, privation de

soins médicaux, mort en détention… Un nouveau document et une bande vidéo

d’Amnesty International (AI), accablants d’informations, dénoncent le sort

réservé aux prisonniers au Kénya.

Les enquêtes sur les allégations d’actes de torture imputables à des policiers sont rares, les poursuites judiciaires encore plus, et de nombreux

policiers torturent régulièrement des détenus en toute impunité, affirme

AI. Selon ce nouveau document, les suspects de droit commun sont systématiquement soumis à la torture afin de leur extorquer des aveux. Un sort identique est réservé aux prisonniers politiques ou aux militants présumés, qui

appartiennent souvent aux groupes ethniques soupçonnés de soutenir les partis d’opposition.

AI, qui s’appuie sur des informations rassemblées au cours d’une mission

médicale effectuée cette année, indique qu’un grand nombre de prisonniers

sont privés de soins médicaux ou attendent longtemps avant d’en recevoir.

«Les autorités retardent ces soins de façon systématique et délibérée. Des

prisonniers politiques célèbres sont maltraités et torturés. Mais pour chaque cas notoire, il existe dans le pays une quantité de personnes torturées

moins connues». Pour certaines d’entre-elles, les tortures infligées entraînent une invalidité définitive. Pour d’autres la mort.

La plupart des prisoniers politiques déclarent avoir été torturés par

des personnes appartenant à la «brigade spéciale», officiellement le Département de la sûreté et des renseignements, ou par des membres de la police

judiciaire. AI dit avoir reçu des informations selon lesquelles des réfugiés en provenance de l’Ouganda, de la Somalie et du Rwanda auraient été

harcelés, maltraités et torturés par les forces de sécurité kényanes.

Les autorités, affirme encore AI, refusent souvent de faire conduire les

victimes à l’hôpital et empêchent les médecins de se rendre auprès des prisonniers. AI cite le cas de deux jeunes gens privés de soins à la suite de

tortures. Deux jeunes rencontrés et filmés par AI, qui sont devenus infirmes après avoir été attachés à des arbres par des membres de la brigade

spéciale, puis battus et laissés sans soin en prison pendant six jours.

L’Organisation internationale a filmé les médecins membres de la mission

d’enquête en train d’examiner Geoffrey Gichuki. Attaché à un arbre et battu

lui aussi, atteint de gangrène, on a dû l’amputer d’un bras. (apic/com/pr)

11 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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