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Aide au développement des pays du Sud (180696)
Fossé entre les déclarations d’intention des pays
riches et la diminution de leur prestation financière
Bruxelles 18juin(APIC) Les organisations d’entraide non gouvernementales
(ONG) ont présenté lundi à Bruxelles et à Washington le rapport «The reality of Aid 1996» qui dénonce le fossé existant entre les déclarations d’intention des pays riches d’aider les pays du Sud et la réalité concrète: finalement les sommes investies diminuent. 73 dollars par habitant, autrement
dit 100 francs par tête, telle est la somme que les Etats les plus riches
de la planète ont dépensé en 1994 au titre de la Coopération au développement.
Cela revient à dire que leur aide aux pays les plus démunis stagne à
0,3% de leur produit national brut (PNB), un niveau très éloigné des 0,7%
recommandé depuis longtemps par les Nations-Unies. Même si les chefs des
gouvernements présents à Copenhague lors du Sommet mondial pour le développement social ont souligné l’importance des investissements dans les écoles
et systèmes de santé du Sud, un fossé sépare les belles déclarations d’intention de la réalité.
En ce qui concerne la Suisse, la Communauté de travail Swissaid, Action
de Carême, Pain pour le Prochain, Helvetas, Caritas, signataire de l’accord, reconnaît qu’en 1994 la Suisse a été en mesure d’augmenter légèrement
son aide au développement et de se hisser, avec des contributions totalisant 0,36% de son PNB, au huitième rang des 21 pays bailleurs de fonds de
l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Mais
l’année suivante, les contributions baissaient déjà. En 1995 à 0,34% du PNB
et à 0,33% cette année. Seuls les pays du Nord traditionnellement généreux
comme la Norvège et le Danemark ainsi que des petits pays comme le Luxembourg se sont opposés à cette tendance à la baisse à l’échelle du globe.
«De la poudre aux yeux…»
Les ONG mondiales et suisses critiquent ce recul en déclarant que «le
développement durable et la sécurité de l’homme ne sont que de la poudre
aux yeux qu’on jette lors des sommets internationaux». Les organisations
rédactrices du rapport s’inquiètent aussi de la tendance manifestée par les
pays de l’OCDE d’investir une part toujours plus grande de leur budget de
coopération au développement qui ne cesse de s’amenuiser, dans l’aide d’urgence, privant ainsi de moyens supplémentaires leurs activités fondamentales de longue haleine.
Le rapport «The Reality of Aid 1996» a fait appel cette année à deux représentants du Sud – Inde et du Pérou – deux partenaires traditionnels de
la Coopération suisse au développement qui décrivent «la réalité de l’aide»
selon leur point de vue. Leur conclusion: Le Nord coordonne trop peu ses
prestations. Et même si l’exemple du Kerala en Inde confirme à quel point
les investissements consentis dans la formation et la santé influent sur la
qualité de vie des pauvres, il reste que les fonds de l’aide au développement attribués à ces domaines sont trop restreints. (apic/com/ba)



