Albanie: escalade des tensions religieuses et ethniques dans le pays

apic/Albanie

Deux parlementaires grecs demandent de l’aide au COE et à la KEK (190694)

Genève, 19juin(APIC) Eglises brûlées et détruites, conflits ethniques, la

situation ne s’arrange pas en Albanie. deux politiciens grecs ont demandé

au Conseil oecuménique des Eglises (COE) et à la Conférence des Eglises européennes (KEK) de les aider face à l’escalade des tensions en Albanie du

sud, apprend-on du siège de ces deux organismes à Genève.

Michael Papaconstantinou et Vassilis Korkolopoulos, membres du parlement

grec pour le parti d’opposition de la Nouvelle démocratie, ont été reçus au

Centre du COE à Genève pour informer le secrétaire général de l’organisation oecuménique, Konrad Raiser, et le secrétaire général de la KEK, Jean

Fischer, des difficultés rencontrées par les habitants de souche grecque en

Albanie.

Les politiciens ont en particulier mis l’accent sur la situation de six

personnes d’origine grecque arrêtées en mai en Albanie, qui n’ont pu, selon

eux, contacter ni avocats ni amis. «Dans tout pays civilisé, lorsqu’une

personne est inculpée, elle a le droit de se mettre en rapport avec un avocat», a fait remarquer Michael Papaconstantinou, en précisant que ces six

personnes semblent être accusées de trahison.

Comme d’autres régions des Balkans, l’Albanie du sud doit faire face à

une montée de tensions ethniques. Athènes énonce le chiffre de 300’000 personnes de souche grecque dans cette région, le gouvernement albanais parle

d’environ 60’000.

Le quotidien anglais «The Guardian», qui a rapporté l’incendie d’églises

et le pillage de maisons appartenant à des Grecs d’Albanie du sud, cite

Thanassis Pappas, un résident grec de Dervitsani, pour qui les Grecs d’Albanie étaient mieux traités avant les élections de 1992 qui mirent fin au

régime communiste. «Sous le gouvernement d’Enver Hoxha (ancien leader communiste), il n’y avait pas la démocratie, mais au moins vous saviez où vous

en étiez. Aujourd’hui ils vous disent ’parlez, parlez’, et ils vous jettent

en prison. Cela peut paraître étrange mais c’était mieux sous le régime

d’Enver Hoxha. Si nous devions voter maintenant, nous voterions tous pour

les communistes», témoigne-t-il.

Selon un prêtre orthodoxe, également interrogé par «The Guardian», les

ferments d’un conflit religieux sont en place dans la région. «Nous sommes

les victimes du fondamentalisme musulman», affirme-t-il.

Pour le parlementaire Papaconstantinou, «l’Albanie est essentiellement

musulmane et le gouvernement de Tirana est très méfiant à l’égard des minorités religieuses. Des Eglises ont été brûlées et détruites, ou encore

transformées en salles de spectacles voire en écuries». (apic/spi/pr)

19 juin 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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