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apic/Alexis II à Genève/Tensions entre orthodoxes et catholiques
Genève:Visite du patriarche Alexis II de(280695)
Moscou, chef de l’Eglise orthodoxe russe
Visites au COE, à la KEK et à l’ONU
Le conflit entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique pas réglé
Genève, 28juin(APIC) Le patriarche Alexis II, chef de l’Eglise orthodoxe
russe, est arrivé mercredi à Genève pour une visite de 6 jours en Suisse à
l’occasion du 50ème anniversaire de l’Organisation des Nations Unies. Il a
souligné au cours d’une conférence de presse tenue mercredi au Centre oecuménique que le conflit entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique romaine – qui porte sur le rôle des deux Eglises en Russie – n’est pas
encore réglé.
Mercredi, le primat de l’Eglise russe a rencontré à Genève le pasteur
Konrad Raiser, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE),
des responsables du COE, le pasteur Jean Fischer, secrétaire général de la
Conférence des Eglises européennes (KEK), ainsi que d’autres organisations
d’Eglises. Dans le cadre du COE et de la KEK, et aussi parmi les Eglises
orthodoxes, c’est l’Eglise orthodoxe russe qui compte le plus grand nombre
de membres.
Le chef de l’Eglise orthodoxe russe se trouve en Suisse pour répondre à
l’invitation du directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève,
Vladimir Petrovsky. Jeudi soir, il rencontrera à la cathédrale St-Pierre
les responsables des principales Eglises présentes à Genève. Lors de son
séjour, il aura également l’occasion de rencontrer vendredi le président de
la Confédération suisse, Kaspar Villiger, ainsi que le secrétaire général
de l’ONU, Boutros Boutros Ghali, lundi 3 juillet, au siège européen des Nations Unies à Genève. Il y prendra la parole dans le cadre d’une réunion
ayant pour thème «Le rôle des religions dans la promotion de la paix et la
tolérance».
Reproches adressés à l’Eglise catholique
Au cours d’une conférence de presse au Centre oecuménique à Genève, le
patriarche, interrogé sur les récents conflits entre l’Eglise catholique
romaine et l’Eglise orthodoxe, a déploré la situation, en particulier les
tensions qui règnent en Ukraine occidentale, «où des orthodoxes sont chassés de certaines églises». L’Eglise orthodoxe russe espère qu’une solution
sera trouvée et «elle a fait tout son possible pour coopérer, dans un
esprit de bonne volonté, avec l’Eglise catholique romaine», a-t-il souligné.
Alexis II a reproché à l’Eglise catholique romaine de ne pas se conformer à la déclaration du Concile Vatican II soulignant que les Eglises orthodoxes étaient des Eglises-soeurs. «Je ne pense pas que ce soit la bonne
méthode de traiter ainsi vos soeurs», a-t-il fait remarquer.
Multiplication des sectes en Russie
Depuis l’effondrement du communisme et l’éclatement de l’URSS, la
présence dans la région d’Eglises restées fidèles au Vatican, et la
multiplication en Russie de mouvements para-religieux et de sectes ont
engendré des tensions avec l’Eglise orthodoxe russe qui considère leurs
activités comme une intrusion sur son territoire traditionnel.
En mai de cette année, l’archevêque catholique romain de Moscou, Tadeusz
Kondrusiewicz, avait déclaré que l’Eglise orthodoxe essayait de placer «des
barbelés» autour de ce que les orthodoxes considèrent comme leurs «territoires canoniques». Le patriarche a rappelé aujourd’hui que les sectes en
particulier faisaient peser une menace sur la Russie. «Elles possèdent de
très gros moyens financiers et peuvent acheter des temps d’émissions à la
télévision».
L’une d’entre elles a même payé 70 000 dollars US pour diffuser un programme durant deux semaines, alors que d’autres vont jusqu’à utiliser la
drogue et l’hypnose pour attirer la jeunesse, a-t-il affirmé, en soulignant
que les Eglises traditionnelles doivent être mises en garde contre le danger que représentent ces sectes.
Une cathédrale à 150 millions de dollars?
Interrogé sur la construction d’une gigantesque cathédrale à Moscou – on
avance le chiffre colossal de 150 millions de dollars – Alexis II a
justifié cette nouvelle cathédrale «rendue nécessaire par le besoin exprimé
par la population». «Un besoin primordial à privilégier autant que le
logement», a-t-il tenu à préciser. Il a annoncé que les paroisses ne
seraient pas abandonnées pour tout autant, puisque la rénovation de 12’000
églises est également prévue.
Malgré le développement prodigieux de l’Eglise orthodoxe dans tous les
pays de l’ancienne Union soviétique, a-t-il souligné, celle-ci est confrontée à plusieurs défis: renforcer l’unité orthodoxe, contribuer à la pacification et à la disparition des nationalismes. «Oublier l’émotion et réfléchir afin d’éviter les tragédies de la guerre». Rappelant les graves conflits qui déchirent notamment la Tchétchénie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan,
il a relevé l’engagement nécessaire de l’Eglise orthodoxe au service de la
paix. A propos des rapports qu’entretient l’Eglise orthodoxe avec le gouvernement russe, Alexis II est resté prudent: il apprécie les décisions du
premier ministre et espère que la gouvernement et la Douma arriveront la
semaine prochaine à un accord qui mettra fin aux tensions actuelles. (apiceni/la/be)



