Le texte contient 46 lignes (max. 75 signes), 478 mots et 3240 signes.
apic/Algérie/Trappistes enlevés/Mgr Teissier/Mgr Claverie/Inquiétude
Algérie:Toujours pas de nouvelles des sept trappistes enlevés(010496)
L’inquiétude augmente dans la petite communauté chrétienne
Alger/Oran, 1eravril(APIC) Malgré les opérations de ratissage menées par
les forces de sécurité algériennes, on était toujours sans nouvelles lundi
des sept moines trappistes de nationalité française enlevés par des islamistes armés au monastère de «Notre-Dame de l’Atlas», à Tibehirine, à une
centaine de kilomètres au sud d’Alger.
Tandis que l’inquiétude augmente dans la petite communauté chrétienne
d’Algérie, les ravisseurs n’ont toujours pas fait parvenir de revendications ni donné de nouvelles des religieux qui sont peut-être actuellement
retenus comme otages.
Le ministre des Affaires étrangères Hervé de Charette a déclaré lundi
sur les ondes de RMC que le gouvernement français s’efforce d’obtenir la
libération des sept moines français.
Les islamistes armés «pas venus avec l’intention de tuer»
«Nous avons toujours espoir, car les groupes armés qui les ont enlevés,
semble-t-il, ne sont pas venus avec l’intention de les tuer mais pour faire
soigner leurs blessés… Maintenant que cela commence à durer, on peut penser qu’ils sont devenus otages», a confié lundi matin à l’APIC Mgr Pierre
Lucien Claverie, évêque d’Oran. «Mais plus le temps passe, plus l’inquiétude augmente».
«On garde espoir étant donné la conscience que tout le monde a des bonnes relations qu’ils entretenaient avec leur voisinage et le fait qu’ils ne
pouvaient vraiment pas avoir d’ennemis», estime pour sa part Mgr Henri
Teissier, archevêque d’Alger. «Les ravisseurs doivent se rendre compte que,
s’ils portent atteinte à leur vie, personne ne les comprendra dans la population algérienne… Peut-être que cela peut assurer leur sécurité», a-t-il
déclaré lundi à l’APIC.
Mgr Teissier et Jean Paul II interpellent les ravisseurs
Mgr Teissier, dans un communiqué publié au lendemain de l’attaque contre
le monastère de Tibehirine, demandait aux ravisseurs de respecter la vie
des moines, «car toute vie appartient à Dieu». Dimanche, lors de la prière
de l’angelus, le pape Jean Paul II a lui aussi fait appel «au sens de la
fraternité humaine», demandant la libération immédiate de ces religieux qui
ont choisi de rester comme «témoins de l’Absolu», au milieu d’une population musulmane avec laquelle ils avaient établi, depuis des années, des
liens d’amitié et de respect mutuel.
Mgr Claverie souligne pourtant que dans l’engrenage de violence que connaît l’Algérie, les groupes armés ne sont plus guère sensibles aux arguments humanitaires ou religieux. «Je ne crois pas non plus que ce soient
vraiment des groupes qui fondent leur action violente sur la religion. Ils
sont passés au-delà de l’extrême et n’entendent même plus leurs propres
responsables politiques, récusant toute possibilité de solutions passant
par la négociation ou le dialogue». Mgr Claverie souligne que pour les religieux qui ont pris la décision de rester en Algérie, la menace reste la
même. Mais dans l’affaire du monastère de Tibehirine, il n’y a eu aucune
revendication des islamistes demandant à tous les chrétiens restant de
quitter le pays. (apic/be)



