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apic/Allemagne/Patrimoine religieux menacé
Le patrimoine des Eglises d’Allemagne orientale menacé de disparition
Faute d’entretien et de fonds (100895)
Bonn, 10août(APIC) Le patrimoine religieux de l’ex-Allemagne de l’Est est
menacé. Des milliers d’oeuvres d’art sacré d’Allemagne orientale pourraient
bien disparaître, faute d’entretien, si des fonds ne sont pas trouvés pour
les préserver. Telle est la conclusion d’un rapport que publie à Bonn la
Fondation allemande pour la sauvegarde et la conservation des monuments.
La Fondation précise en effet que des peintures, des sculptures et des
croix, parfois anciennes de 800 ans, ainsi que des autels, et autres biens
d’églises, doivent être de toute urgence restaurés. La disparition de ce
patrimoine religieux représenterait «une lourde perte pour la culture allemande», souligne le rapport.
La Fondation ajoute que les Eglises allemandes semblent être incapables
de faire face à cette situation, et que tous les projets sont en suspens en
raison d’un manque de fonds.
Dans le cadre des Eglises protestantes d’Allemagne orientale, deux personnes seulement – à Erfurt et Magdeburg – sont chargées de la surveillance
du patrimoine culturel, déplore la Fondation, qui appelle les citoyens allemands à donner plus d’argent pour la conservation des oeuvres d’art.
Dans une déclaration faite à l’Agence ENI, Thomas Kielinger, qui fut
rédacteur de l’hebdomadaire Rheinischer Merkur, de Bonn, reconnaît que le
rapport décrit fidèlement la condition déplorable des ouvrages d’art et
d’architecture qui ornent les églises de l’ex-Allemagne de l’Est. «Certains
sont en effet dans un tel état que l’on ne peut même plus envisager de les
restaurer».
D’une part, les coffres de l’Etat sont vides, fait remarquer Thomas Kielinger, et d’autre part, le poids des impôts décourage les citoyens de donner davantage. «Ceux-ci sont lassés d’entendre parler des énormes besoins
financiers de l’Est. Et comme les Eglises protestantes et catholique romaine bénéficient du système des contributions ecclésiastiques, nombreux se
demandent pourquoi les Eglises n’ont pas les moyens de s’occuper elles-mêmes de leurs biens».
Pour T. Kielinger, l’état d’abandon du patrimoine des Eglises reflète le
déclin général du christianisme en Allemagne orientale. «Contrairement à
toute attente, le cynisme généralisé et le désarroi n’ont pas provoqué un
retour des citoyens à la religion», poursuit-il. «De nombreux Allemands de
l’Est sont encore profondément déçus de la position prise par les Eglises
sous le régime communiste».
Environ un quart de la population (16.2 millions) de l’ex-Allemagne de
l’Est sont membres des huit Landeskirchen régionaux de l’Eglise évangélique
d’Allemagne (EKD). Des études montrent toutefois que cet ancien pays communiste est l’une des régions les plus sécularisées d’Europe. Selon une étude
réalisée en 1993, seul un citoyen sur sept reconnaît l’importance de la religion. (apic/eni/pr)




