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apic/Allemagne/Pétition du peuple de l’Eglise/1,8 million de signatures

Allemagne:La «pétition du peuple de l’Eglise» «pour une Eglise (201195)

fraternelle» engrange 1,8 million de signatures en huit semaines

Un vent de «réforme» à l’intérieur de l’Eglise catholique

Hanovre, 20 novembre(APIC) La «pétition du peuple de Dieu» «pour une Eglise fraternelle» lancée en Allemagne du 16 septembre au 12 novembre a engrangé 1,8 million de signatures en huit semaines. Selon les chiffres définitifs disponibles lundi auprès des initiateurs à Hanovre, la pétition a

obtenu en huit semaines 1’845’141 signatures, dont celles de 1’483’340 catholiques (80%).

Le groupe d’action «Wir sind Kirche» s’est inspiré d’une pétition semblable qui a récolté l’été dernier en Autriche plus de 500’000 signatures

en quelques semaines. Il demande «l’édification d’une Eglise fraternelle»,

la pleine égalité des femmes dans l’Eglise, notamment leur accès au sacerdoce, la liberté de choix pour les prêtres entre le célibat et le mariage,

une approche positive de la sexualité et un assouplissement de la morale

sexuelle de l’Eglise, ainsi que davantage de participation du peuple de

l’Eglise dans les nominations épiscopales.

Cette action a été lancée dans les 11’000 paroisses catholiques d’Allemagne, mais d’autres chrétiens (protestants, orthodoxes) et un certain nombre de personnes athées ou appartenant à d’autres croyances ont également

signé l’appel.

Pour un catholicisme plus humain

Commentant le résultat, le théologien critique Peter Eicher, de Paderborn, estime qu’à travers cette pétition on assiste à l’intérieur de

l’Eglise à une «réforme» en direction d’un catholicisme plus humain. Peter

Eicher parle d’une «réforme de l’Eglise dans l’esprit de Jésus» qui a changé la situation dans l’Eglise catholique et montré la confiance des gens

dans la démocratie. Co-initiatrice de la pétition, Eva-Maria Niklas, de

Dresde, est d’avis que cette action montre un tournant, d’une mentalité

d’assisté vers la prise de responsabilités dans l’Eglise. Elle a également

relevé que dans l’ancienne Allemagne de l’Est – un pays où l’appartenance à

une confession est minoritaire – on a pu assister au démarrage d’un processus auquel de nombreux athées ont participé «de façon surprenante».

Le théologien Norbert Mette, également de Paderborn, a souligné pour sa

part que ces dernières semaines, l’Eglise catholique en Allemagne est

devenue un thème de discussion non seulement dans ses propres rangs, mais

également dans les rues des villes. Et de se demander maintenant comment

cette «réforme» doit se poursuivre.

«Pas une contribution adéquate» au dialogue, pour Mgr Karl Lehmann

Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence des évêques d’Allemagne, ne

voit pas dans cette démarche «une contribution adéquate» au dialogue à

l’intérieur de l’Eglise. L’évêque de Mayence va toutefois en parler au sein

de la Conférence épiscopale et en informer Rome. Le 2 décembre, Mgr Lehmann

doit en outre rencontrer l’initiateur de la campagne de signatures, Christian Weisner, de Hanovre.

Le président de la Conférence épiscopale allemande pense que les questions posées, par la manière dont elles ont été formulées par cette action,

ne peuvent pas être clarifiées sérieusement. On a plutôt éveillé des «attentes exagérées», considère-t-il. Dès le début, les évêques allemands

avaient fait savoir que plusieurs demandes des pétitionnaires étaient formulées de façon trop globales et qu’elles n’étaient pas une contribution

adaptée au dialogue.

S’il ne néglige pas l’engagement souvent bien intentionné de nombreuses

personnes dans cette action, Mgr Lehmann déplore cependant qu’elle met en

lumière la polarisation déjà existante dans l’Eglise, quand elle ne la renforce pas. Notons que de nombreux catholiques engagés dans la structure de

l’Eglise, dans les conseils, les mouvements et les associations catholiques, ont pris part à cette campagne de grande envergure. (apic/kna/be)

20 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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