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Allemange: L’Eglise évangélique allemande nomme
un aumônier pour venir en aide aux victimes de la Stasi (110695)
Hanovre, 11juin(APIC) Pour la première fois, l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD) vient de nommer un aumônier qui sera chargé de l’accompagnement
pastoral des victimes de la politique du parti communiste de l’ex-Allemagne
de l’Est à l’égard de l’Eglise.
Curt Stauss, un pasteur de 46 ans, de Lauchhammer, assumera cette charge
à titre honoraire. Interrogé par l’Agence oecuménique ENI, il a souligné
que la décision de l’EKD avait pour but d’apporter réconfort et conseils
aux victimes de la Stasi.
Au moment de la chute du système communiste en 1989 en Allemagne de
l’Est, la Stasi comptait 100’000 employés à plein temps et 109’000 informateurs, sur une population de 16 millions d’habitants. Il a été révélé ces
dernières années que certains dignitaires de l’Eglise étaient des informateurs ou agents de la Stasi.
C. Stauss ne veut pas se considérer comme une victime de la Stasi mais,
après avoir lu un «dossier» établi sur lui par la police secrète, il se déclare horrifié par les machinations qui visaient à briser ses relations et
à ternir sa réputation.
Parmi les fidèles qui ont souffert des agissements de la Stasi, un grand
nombre ont trouvé réconfort au sein même de l’Eglise, a précisé le pasteur
Stauss, mais d’autres «ne se sentent pas bien traités» par celle-ci. Il a
reconnu que sa nomination avait été décidée «tardivement», et croit qu’il a
été nommé parce que l’EKD voulait une personne acceptée et par les responsables d’Eglise et par ceux qui estiment avoir été victimes de la Stasi.
Sa tâche consistera à «avoir avec les victimes de la Stasi des entretiens poussés, et à favoriser des rencontres avec des responsables d’Eglise», voire même à aider certains de ces responsables à «présenter leurs excuses» aux victimes pour la façon dont elles ont été traitées par leur
Eglise.
Révélations embarrassantes
Les responsables d’Eglise de l’ex-Allemagne de l’Est ont parfois eu des
difficultés à répondre aux personnes qui se disaient victimes de la Stasi,
a expliqué le pasteur Stauss, parce qu’ils étaient débordés par une autre
tâche, la reconstruction de leurs structures selon le modèle de l’Allemagne
occidentale.
La révélation de la collaboration d’un certain nombre de hauts responsables d’Eglise – qui auraient été des informateurs ou des agents de la police secrète – avait choqué d’autres représentants de l’Eglise, à tel point
que certains d’entre eux se sont interrogés sur leurs propres contacts avec
le régime communiste.
La publication des archives de la Stasi depuis la chute du système communiste en Allemagne de l’Est, il y a cinq ans, avait révélé que la Stasi
choisissait systématiquement pour cibles des membres d’Eglises. La révélation de l’étendue des agissements de la police secrète – certaines personnes ont même découvert qu’elles avaient été trahies par leurs proches – et
des contacts de certains responsables d’Eglise protestants avec le régime,
a provoqué en Allemagne un grand débat public sur le rôle de l’Eglise protestante à cette époque.
Le cas le plus connu est celui de Manfred Stolpe, ancien président adjoint de la Fédération des Eglises protestantes de la République démocratique allemande, aujourd’hui Premier ministre de l’Etat de Brandebourg, qui a
admis avoir entretenu des relations avec la Stasi, nécessaires, selon lui,
pour protéger les intérêts de l’Eglise. En mars de cette année, une commission ecclésiastique a conclu que Manfred Stolpe avait maintenu son «intégrité» lors de ces contacts, qu’il avait établis en tant que «représentant
de l’Eglise», mais ajouté que l’étendue de ceux-ci n’était pas en accord
avec sa charge de responsable d’Eglise. (apic/eni/pr)



