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apic/Amnesty International/Rwanda/Burundi/Non au retour forcé des réfugiés
Genève:Amnesty International met en garde contre un (200296)
retour forcé des réfugiés vers le Rwanda et le Burundi
Risque de violations massives des droits de l’homme
Genève, 20février(APIC) L’organisation de défense des droits de l’homme
Amnesty International (AI) a lancé mardi à Genève une sévère mise en garde
contre un retour forcé des réfugiés vers le Rwanda et le Burundi, où leur
sécurité n’est pas du tout garantie. Pour AI, un retour massif et non volontaire pourrait donner lieu à une multiplication des arrestations arbitraires, des détentions sans jugement, des «disparitions» et des exécutions
extrajudiciaires.
Plus de 200’000 réfugiés burundais et près de 1’700’000 réfugiés rwandais se trouvent toujours dans des camps au Zaïre ou en Tanzanie. Des Rwandais se sont également réfugiés dans des camps au Burundi. Les autorités
zaïroises ont annoncé leur intention de fermer les camps, mais AI estime
qu’ils ne doivent pas être forcés à rentrer si leur sécurité ne peut être
garantie.
«Les gouvernements de la région des Grands Lacs doivent prendre au plus
vite des mesures concrètes pour résoudre la crise des réfugiés. Tous les
signes avant-coureurs d’une nouvelle catastrophe sont présents dans la région», écrit l’organisation de défense des droits de l’homme dans un document présenté à Genève, sous le titre «Rwanda et Burundi. Le retour:rumeurs et réalité». Dans ce document, AI met en évidence les trois principaux facteurs qui empêchent le retour volontaire de la plupart des réfugiés:l’insécurité, l’absence de justice et la désinformation sur la situation réelle qui règne dans les deux pays.
La communauté internationale doit aider les pays d’accueil
AI demande à tous les Etats concernés de respecter leurs obligations internationales par lesquelles ils sont tenus de protéger les réfugiés contre
les exactions qu’ils pourraient subir à leur retour. L’organisation exhorte
les gouvernements du Zaïre et de la Tanzanie à laisser ouvertes leurs frontières à tous ceux qui fuient les violations de leurs droits fondamentaux.
Elle demande aussi à la communauté internationale de fournir aux pays d’accueil des ressources matérielles et humaines qui leur permettent de faire
face à la situation.
Burundi:déjà 100’000 morts depuis 1993
Au Burundi, pays aujourd’hui divisé géographiquement en fonction des
ethnies, plus de 100’000 personnes ont été tuées par les forces de sécurité
ou les groupes armés d’opposition depuis octobre 1993, relève AI. Pour la
seule année 1995, 1’500 personnes ont été tuées tous les mois. «La peur empêche les personnes d’un groupe ethnique ou d’une tendance politique donnée
de pénétrer dans les zones dominées par des personnes d’ethnies ou de tendances politiques différentes…. Le système judiciaire est paralysé, et le
gouvernement ne contrôle plus les forces de sécurité, qui continuent de se
livrer à des massacres en toute impunité».
Dans le pays voisin, au Rwanda, environ 66’000 personnes arrêtées en relation avec le génocide de 1994 sont détenues sans inculpation ni jugement
dans des prisons surpeuplées qui sont de vrais mouroirs:selon AI, près de
2’300 détenus sont déjà décédés en moins de deux ans en raison de conditions de détention inhumaines. L’organisation de défense des droits de
l’homme dénonce également la mainmise de membres de l’ancienne armée gouvernementale rwandaise et de la milice hutue des «interahamwe» sur certains
camps de réfugiés. «Ils usent de manoeuvres d’intimidation et de propagande
pour dissuader les réfugiés de rentrer au pays».
Rwanda:toujours le théâtre de graves violations des droits de l’homme
Dans le pays même, les nouvelles autorités rwandaises n’ont encore mis
en place aucun mécanisme fiable pour garantir que les droits fondamentaux
seraient protégés en cas de retour massif des réfugiés. Le Rwanda continue
d’être le théâtre de graves violations des droits de l’homme, «bien qu’elles n’atteignent pas l’ampleur de celles commises lors du génocide de
1994».
AI mentionne à ce propos les massacres perpétrés par l’Armée patriotique
rwandaise (APR) à Kibeho, en avril de l’année dernière, et à Kanama en septembre, «qui ont fait des centaines, si ce n’est des milliers de victimes
parmi les civils». De plus, affirme encore AI, les «disparitions» et les
exécutions extrajudiciaires se poursuivent. Finalement, l’organisation se
réjouit des efforts entrepris pour mettre en place le Tribunal Pénal International, mais insiste pour que la communauté internationale intensifie son
action afin que les personnes soupçonnées de crimes de guerre, de crimes
contre l’humanité et de génocide soient traduites en justice. (apic/com/be)



