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Angleterre: «Christian Aid» fait pression sur les supermarchés (101196)
Améliorer les conditions de travail dans le tiers monde
Londres, 10novembre (APIC) Les asperges du Pérou, les fruits d’Afrique du
Sud et les crevettes de Thaïlande figurent parmi les produits visés par une
campagne que vient de lancer «Christian Aid» en Angleterre pour dénoncer
les conditions ignobles dans lesquelles sont souvent produites les denrées
du monde occidental.
Christian Aid, organisme fondé par les Eglises britanniques au lendemain
de la seconde guerre mondiale, est aujourd’hui l’institution d’entraide officielle de 40 Eglises du Royaume-Uni et d’Irlande, active dans 70 pays.
Le but de la nouvelle campagne de Christian Aid, lancée sous le slogan
«Change the Rules» (Changez les règles), est de persuader les supermarchés
britanniques d’exercer leur influence économique pour que les conditions de
travail dans le tiers monde soient améliorées.
Au Pérou, les ramasseurs d’asperges, produits alimentaires de luxe, ne
gagnent que 0,2 % du prix de vente au détail – ou 2 cents pour le kilo
d’asperges, qui se vend au consommateur pour l’équivalent de 9,83 dollars.
Selon Liz Orton, co-rédactrice du rapport «The Global Supermarket» (Le supermarché mondial), publié parallèlement à la campagne: «Des bénéfices sont
réalisés des deux côtés, dans le tiers monde comme dans les pays développés, aux dépens des travailleurs».
Les laissés-pour-compte
A Sri Lanka, le salaire de ceux qui travaillent dans les plantations de
thé ne représente que 7 % du prix payé par le consommateur. Par ailleurs,
selon un rapport publié récemment, les travailleurs sont «presque totalement laissés-pour-compte» sur le plan de la santé, de l’éducation et du logement. Au Brésil, d’après l’enquête menée par Christian Aid, les ramasseurs de raisin souffrent souvent de maladies liées aux pesticides, et
pourtant, il touchent moins de 4 cents de dollars pour 450 grammes de raisin, que le consommateur britannique paiera l’équivalent de 2,13 dollars
dans un supermarché.
Christian Aid aimerait voir les supermarchés (qui, en Grande-Bretagne,
représentent 85 % des ventes d’aliments au détail) adopter des politiques
d’achat morales, y compris un code de conduite pour tous leurs fournisseurs
étrangers.
Les chaînes de supermarchés ont une grande influence parce qu’elles vendent sous leur propre marque des denrées qui sont produites ou achetées
spécifiquement pour elles. S’exprimant à propos de la campagne, le directeur de Christian Aid, Michael Taylor, a précisé: «Nous ne voulons pas de
boycottage et nous ne voulons pas que les supermarchés laissent tomber certains fournisseurs. Ce que nous voulons, c’est qu’ils s’emploient, avec les
fournisseurs, à améliorer des conditions de travail».
Les gérants de supermarché peuvent s’attendre à recevoir une avalanche
de reçus de caisse durant les quatre ans que doit durer la campagne: Christian Aid demande en effet à ses 250’000 adhérents d’écrire des slogans de
la campagne au dos de leurs reçus et de retourner ces derniers aux magasins.
«Les produits alimentaires de pays pauvres doivent déjà satisfaire à des
normes d’hygiène et de sécurité très strictes, rappelle Liz Orton. A notre
avis, il n’y a aucune raison pour que ceux qui produisent ces aliments ne
bénéficient pas d’autant de soins et d’attention». L’enquête de Christian
Aid a révélé que les conditions de nombreux travailleurs du tiers monde
sont inacceptables – conditions de travail dégradantes et dangereuses, représailles à l’égard des membres des syndicats, licenciements arbitraires,
violence, discrimination et bas salaires.
Christian Aid s’est fixé plusieurs objectifs, entre autres celui de persuader les principaux supermarchés d’adopter un code de principes éthiques
pour leurs achats dans le tiers monde, d’appliquer d’ici l’an 2000 un code
de conduite pour tous les producteurs étrangers qui fournissent des produits que les supermarchés vendront sous leur propre marque, et d’accepter
un contrôle indépendant du respect de ce code.
Le modèle de code de conduite porte notamment sur la liberté d’association, les négociations collectives, les salaires, les conditions de travail, la sécurité sociale, l’hygiène et la sécurité, la protection de l’environnement et l’interdiction du travail des enfants et du travail forcé.
(apic/eni/pr)



