Le texte contient 32 lignes (max. 75 signes), 341 mots et 2293 signes.
apic/Argentine/Argent/Gouvernement/Catholique
Argentine: Subventions du gouvernement à l’Eglise catholique en question
Un dirigeant baptiste s’insurge et critique le système (120296)
Buenos Aires, 12février(APIC) La «perte d’influence de l’Eglise catholique en Amérique latine pourrait bien à l’avenir avoir pour conséquences la
redistribution de nouvelles cartes». En Argentine, pays secoué par les révélations de «collusion» entre la dictature militaire et la hiérarchie catholique, on s’insurge contre le système des subventions du gouvernement à
l’Eglise catholique. Des protestations semblables se sont déjà élevées dans
d’autres pays.
Arnoldo Canclini, écrivain connu et dirigeant de l’Eglise baptiste d’Argentine, a en effet appelé les politiciens et les catholiques à en finir
avec le système des subventions accordées à l’Eglise catholique. Ces subventions sont un héritage du passé colonial, a-t-il observé.
Elles montrent que le gouvernement établit une préférence pour une Eglise en particulier, fait remarquer Arnold Canclini dans un article publié
dans le journal El Puente. L’an dernier, les subventions accordées à
l’Eglise catholique ont été de 11 millions de pesos, (un peso équivaut à un
dollar). Elles se montent à 8.5 millions de pesos cette année.
Même si l’Etat a réduit ses subventions, souligne Arnoldo Canclini, en
réalité ce n’est pas le montant qui est le plus important. «Le point le
plus délicat est le principe selon lequel l’Eglise catholique romaine dépend du gouvernement, même si c’est de façon minime, et que cela implique
une contribution de la part des non-catholiques», a-t-il dit. La montée du
protestantisme est bien réelle en Amérique latine. Sans parler que nombre
de milieux protestants et catholiques s’inquiètent aujourd’hui de la montée
des sectes, qui profitent du malaise social pour étendre leur cercle d’influence.
Selon le Service de nouvelles d’Amérique latine et des Caraïbes (ALC),
de Lima, au Pérou, A. Canclini a aussi rappelé qu’avec cet argent, l’Eglise
paie le salaire mensuel de 1’200 pesos aux évêques, verse la somme de 250
pesos par mois à 1’800 séminaristes, et de 20’000 pesos par an à chaque
diocèse.
Or, déplore-t-il, dans la réforme de la Constitution de 1994, cette
question des subventions à l’Eglise catholique n’a pas été traitée. Selon
des chiffres récents, 93 % des Argentins (sur une population de 34 millions) sont catholiques. (apic/eni/pr)




