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Argentine:Les évêques argentins débattent (121295)

sur leur rôle durant la dictature militaire

Le rôle peu glorieux d’un certain nombre d’évêques

Buenos Aires, 12décembre(APIC) Les évêques argentins ont entamé mardi

leur assemblée plénière d’automne durant laquelle ils débattront notamment

de l’attitude peu glorieuse d’un certain nombre d’entre eux durant la sanglante dictature militaire (1976-1983). Avant le début de leurs travaux,

Mgr Miguel Esteban Hesayne, évêque de Viedma, a déclaré que l’Eglise devait

«reconnaître ses péchés» et avouer une complicité.

Depuis plusieurs mois, les évêques argentins se querellent ouvertement

sur un éventuel aveu public concernant le rôle de l’Eglise sous la dictature militaire. Sous prétexte de lutte contre la menace communiste, des dizaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, ont «disparu»

dans les camps de concentration ou les centres de torture du régime. Parmi

ces «disparus», des dizaines de prêtres, religieux, religieuses et même des

évêques – le cas de Mgr Enrique Angelelli, évêque de La Rioja, est bien documenté – ont été torturés et assassinés par les différents corps de sécurité de la dictature militaire.

Tandis qu’une poignée d’évêques, dont Mgr Hesayne, affirment que l’Eglise, à l’époque, par sa passivité, a soutenu indirectement la torture et les

assassinats, d’autres nient que l’Eglise a couvert les militaires tortionnaires. Nonce apostolique en Argentine durant ces années noires pour les

droits de l’homme, Mgr Pio Laghi, aujourd’hui cardinal, a également été mis

en cause.

Des journaux argentins ont affirmé que la nonciature était informée jusque dans les détails sur ce qui se passait dans les centres de torture, ce

que conteste Mgr Laghi. En 1987 à Genève, le Père jésuite Albert Longchamp,

le pasteur Alain Perrot et Silvain de Pury, de l’Association internationale

contre la torture (AICT), ont publié un livre qui avait à l’époque fait

couler beaucoup d’encre: «L’honneur perdu des évêques argentins» qui soutenait la thèse d’une complicité non seulement passive mais également active

de membres de la haute hiérarchie de l’Eglise dans ces événements tragiques. (apic/kna/be)

12 décembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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