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apic/Autriche / Mgr Eder Luthériens

Salzbourg: Les luthériens choqués par les comparaisons de Mgr Eder

«Luther ne cherchait pas à diviser l’Eglise» (161195)

Vienne, 16 novembre(APIC) En comparant la pétition de catholiques libéraux

autrichiens, «Nous sommes l’Eglise», à la Réforme protestante de Martin

Luther, Mgr Georg Eder, archevêque de Salzbourg a sans doute commis un impair oecuménique.

Dans sa prédication du 1er novembre, Mgr Eder a déclaré que Martin Luther avait «provoqué un schisme dans l’Eglise» en affichant ses 95 thèses

sur la porte d’une église de Wittenberg la veille de la Toussaint, en 1517.

«Il se pourrait que les cinq demandes de la pétition ’Nous sommes l’Eglise’

suffisent à produire le même schisme», a fait remarquer l’archevêque.

Dans une lettre à l’archevêque, Johannes Dantine, secrétaire exécutif de

l’Eglise luthérienne d’Autriche, répond que la démarche de Luther ne visait pas à diviser l’Eglise mais à introduire des «réformes nécessaires».

La lettre relève que des documents récents du Vatican ont reconnu que la

responsabilité des divisions passées incombait «aux deux parties». «Il serait regrettable que la Réforme du XVIe siècle soit exploitée aujourd’hui

comme une sorte de menace dans les luttes internes de l’Eglise catholique.»

«Nous avons une conception différente de l’édification de la communauté

dans un esprit d’oecuménisme», souligne J. Dantine.

La pétition «Nous sommes l’Eglise» qui a recolté cet été quelque 500’000

signatures réclame entre autres l’ordination des femmes, l’élection des

évêques par des laïcs, l’abolition du célibat obligatoire pour les prêtres

et la reconnaissance de la valeur de la sexualité.

Second sujet d’irritation pour les luthériens: l’abscence de Mgr Eder le

10 novembre à la cérémonie d’installation de Luise Müller, nouvelle superintendante de l’Eglise évangélique luthérienne de Salzbourg et du Tyrol.

«J’aurais souhaité que Mgr Eder soit présent», a-t-elle précisé. Avant

d’ajouter qu’elle ne pouvait que supposer les raisons de ce refus: «Je

crois qu’il a un problème parce que je suis une femme». (apic/kap/eni)

16 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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