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apic/Avortement / Afrique du Sud

Afrique du Sud: Le parlement libéralise l’avortement (031196)

Une centaine de députés boycottent le vote

East London/Afrique du Sud, 3novembre (APIC) Le Parlement sud-africain a

approuvé de justesse, le 30 octobre, au Cap, une proposition de loi, libérale sur l’avortement. Une centaine de parlementaires, ont boycotté le vote

en raison de leurs convictions religieuses.

La nouvelle législation sur l’avortement autorise les femmes à demander

l’avortement jusqu’à la 12e semaine de leur grossesse. Dans certaines conditions, par exemple en cas de viol, d’inceste, de risque vital pour la mère ou de malformation du foetus, l’avortement peut être décidé jusqu’à la

20e semaine de grossesse. Les mineures pourront avorter sans autorisation

parentale.

Les partisans de la libéralisation de la loi sur l’avortement avancent

qu’environ un millier de femmes blanches avortent chaque année, conformément à la loi en vigueur actuellement, ou ont les moyens financiers d’aller

à l’étranger pour avorter, alors que des milliers de femmes noires pauvres

sont obligées d’avorter clandestinement dans des conditions d’hygiène déplorables. Près de 400 meurent chaque année des suites de ces avortements

clandestins.

«Cette loi leur sauvera la vie en leur donnant le choix d’interrompre

leur grossesse sans risques et dans la dignité», a déclaré le docteur Nkosazana Zuma, ministre de la Santé, un catholique qui a beaucoup fait pour

que le débat sur l’avortement ait lieu, bien que de nombreux sondages montraient que la majorité des Sud-Africains étaient opposés à cette loi.

Le Congrès national africain (ANC), parti du président Nelson Mandela,

majoritaire au sein du gouvernement d’unité nationale, avait donné un consigne de vote claire en faveur de l’avortement. Le parti avait exigé de ses

membres qu’ils suivent cette ligne de conduite.

Recours de l’Eglise catholique devant la Cour constitutionnelle

Une centaine de parlementaires – sur les 400 que compte l’Assemblée nationale – sont finalement restés à l’écart pour ne pas avoir à voter cette

lois sur l’avortement parmi les plus libérales du monde. Le projet doit

être soumis au Sénat la semaine prochaine. Il est pratiquement certain

qu’il sera approuvé.

Parmi ceux qui se sont abstenus de voter figurait notamment le prêtre

catholique Smangaliso Mkhatshwa, vice-ministre de l’Education. Membre de

l’ANC après avoir été autorisé par son évêque à s’engager en politique, le

prêtre tient fermement à suivre l’enseignement de l’Eglise contre l’avortement. Soeur Bernard Ncube, religieuse catholique, également membre de

l’ANC, a voté par contre en faveur de la légalisation de l’avortement. Un

grand nombre de musulmans se trouvaient aussi parmi les parlementaires qui

ont boycotté le vote.

Dès avant le vote parlementaire, la Conférence épiscopale sud-africaine

(SACBC) avait annoncé qu’elle introduirait un recours contre le gouvernement devant la Cour constitutionnelle à propos de ce projet de loi.

Par ailleurs, plusieurs associations chrétiennes qui étaient descendues

dans la rue pour manifester contre l’adoption de cette loi, ont annoncé

qu’elles allaient poursuivre leur action, notamment par des pétitions réclamant un référendum national. (apic/eni/mp)

3 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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