Pologne: Le nombre d’avortements en chute libre (040594)

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Bilan un an après l’entrée en vigueur de la nouvelle législation

Varsovie, 4mai(APIC) Le nombre d’avortements légaux officiellement enregistrés en Pologne est en chute libre un an après l’entrée en vigueur de la

nouvelle législation qui autorise l’interruption volontaire de grossesse

dans quelques cas exceptionnels. Selon le ministère polonais de la Santé,

on a enregistré durant les 12 derniers mois seulement 777 avortements. Un

an auparavant on en dénombrait encore 11’640 et en 1991 plus de 30’000. On

ignore cependant le nombre d’avortements clandestins ainsi que le nombre de

Polonaises ayant subi une interruption de grossesse à l’étranger.

La nouvelle loi n’autorise les interruptions de grossesse que dans des

cas strictement déterminés. Ainsi, depuis un an, on ne dénombre

officiellement que 736 avortements pratiqués en raison du danger pour la

vie de la mère, 32 pour des anomalies graves et irréparables du foetus et

neuf enfin pour des grossesses issues d’un viol.

D’après la nouvelle loi en vigueur, les femmes doivent obtenir auprès de

trois médecins différents l’autorisation d’interrompre une grossesse. Selon

le ministère de la Santé, les complications après avortement ont augmenté,

particulièrement dans les régions frontalières où de nombreuses femmes se

rendent à l’étranger pour subir une interruption de grossesse. Mais il

n’existe pas de chiffres sur ces avortements pratiqués hors du territoire

polonais.

Le gouvernement s’est en outre déclaré étonné de constater dans le même

temps un recul du nombre des naissances, alors que certains estimaient que

la loi anti-avortement donnerait lieu à 30’000 naissances supplémentaires.

Le nombre des grossesses chez les femmes de 35 à 45 ans est cependant en

augmentation. Cela s’explique par le niveau d’éducation souvent bas des

femmes enceintes de cette tranche d’âge et par le nombre élevé d’alcooliques parmi les maris concernés.

Un rapport du ministère de la Justice signale que 53 enquêtes ont été

ouvertes pour avortement illégal, dont 14 sont encore en cours. Dans de

nombreux cas les enquêtes n’ont pas donné lieu à des condamnations pénales,

faute de preuves. Dans d’autres, il s’agissait simplement de fausses couches naturelles. La pratique de l’avortement illégal peut selon la loi entraîner des peines allant jusqu’à deux ans de prison. Un homme de Katowice

a été condamné à la prison à mi-avril pour avoir aidé son amie enceinte à

provoquer une fausse couche. En mars, une femme médecin de Czestochowa

s’est donné la mort après avoir été accusée de pratiquer des avortements

illégaux dans une salle d’opération privée.

Selon les sondages d’opinion, la population polonaise est plutôt critique à l’égard de la nouvelle législation. 58% des personnes interrogées

début avril étaient favorables à l’idée d’autoriser l’avortement pour des

familles pauvres qui ne peuvent plus nourrir d’autres enfants ou pour des

femmes dont les revenus sont très faibles. (apic/kna/mp)

4 mai 1994 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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