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Bâle: Culte pour les animaux à l’église «ouverte» de Bâle (201195)

Chiens, cochons, chèvres et canaris unis pour la bénédiction d’un pasteur

Bâle, 20 novembre(APIC) Bénissez vos cochons d’Inde, votre chien et vos

chats… L’Eglise «ouverte» de Bâle a récemment organisé un culte de bénédiction des animaux, présidé par le pasteur Felix Felix, titulaire d’un ministère oecuménique auprès des marginaux, dépendant d’une association cofinancée par l’Eglise évangélique réformée du canton de Bâle-Ville. L’initiative avait aussi pour objectif de sensibiliser l’opinion aux problèmes de

la vivisection, notamment. L’initiative, qui enchante nombre d’amoureux des

animaux, en irrite d’autres. Beaucoup d’autres, faut-il le dire.

Deux cochons pénètrent dans l’église. Ils ont un ruban rose autour du

cou. Sur l’esplanade, devant l’église, règne une bruyante agitation: pour

les chiens aussi, cette visite à l’église est un peu particulière. Perché

sur une épaule, un perroquet regarde de haut un cochon d’Inde intimidé.

Tous ces représentants de la création sont venus à l’Eglise «ouverte»,

l’Elisabethenkirche de Bâle, pour y être bénis. Leurs maîtres espèrent bien

que ce rite ne sera pas sans effet: «Mon chien est très vieux et très malade», dit cette vieille dame.

Pour la deuxième fois, l’Elisabethenkirche de Bâle organisait un «Tiergottesdienst» (culte pour animaux). Une journée au cours de laquelle chacun

était invité à amener son animal de compagnie, grand ou petit, afin de le

faire bénir par le pasteur Felix Felix.

L’initiative de ce dernier n’était pas dénuée d’intentions politiques,

puisqu’il entendait dénoncer, par cette action menée en collaboration avec

la Société protectrice des animaux de Bâle, la vivisection par laquelle

l’homme tourmente les animaux, ainsi que la production massive obtenue par

l’élevage industriel. Le pasteur devait du reste citer comme thème du culte

saint François d’Assise, «qui fut le premier à élever l’animal à la même

condition que l’être humain», et qui a appelé les bêtes «frères et soeurs».

Les animaux sont-ils reçus au ciel?

Quelques rares aboiements de chiens couchés entre les bancs ont bien entendu ponctué le culte. Résonnant sous les voûtes de l’édifice, ils n’ont

toutefois pas perturbé les chants… «Je ne viens que rarement à l’église,

parce qu’on a toujours l’impression d’assister à un enterrement, mais aujourd’hui les gens ont beaucoup plus d’entrain que d’habitude», devait

constater une dame qui avait amené ses canaris jaunes.

Tout au long du culte, la dame aux canaris a pu s’entretenir avec sa

voisine de l’amour des animaux et de ses convictions végétariennes. Le culte d’une heure et demie a laissé place pour ce genre d’échanges. Certains

s’approchaient de la table sainte avec leur compagnon à poil ou à plume. La

larme à l’oeil, une dame observait la bénédiction administrée aux animaux.

A des chiens, des lapins, des cochons domestiques et même des chèvres…

Les animaux sont-ils reçus au ciel? «Si c’est une jeune fille dont la

relation avec son animal est très intense qui me le demande, alors je réponds oui», dit le pasteur Felix Felix, tout en précisant qu’il s’agit-là

d’une réponse d’»accompagnement pastoral» pour la jeune fille. Une déclaration qu’il ne prononcera toutefois pas en chaire, où les «paroles pastorales ont force d’enseignement».

Quoi qu’il en soit, ajoute le pasteur, de telles questions théologiques

ont peu de signification pour les amoureux des animaux qui étaient, ce

jour-là, simplement heureux d’avoir été accueillis à l’église avec leur

compagnon… et qui ont prié pour le bien-être de tous les animaux du monde. Quant aux Bâlois, ils n’ont pas fini d’être irrités – ou enchantés des initiatives du pasteur Felix Felix. (apic/spp/pr)

20 novembre 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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